Salon des arts et loisirs créatifs
Face à l’IA, la création fait de la résistance
Dimanche, espaceVal accueillait la première édition du Salon des arts et loisirs créatifs. Une vingtaine d’artisans a initié les visiteurs à la création, qui connaît un retour en grâce à l’heure où l’IA explose. Paradoxal ? Au contraire.
Utiliser ses mains, créer un objet, éteindre les écrans… « Les gens ont besoin de retrouver ce contact avec la matière. C’est gratifiant de faire quelque chose avec ses mains, ça donne confiance en soi. »
C’est Sylvia Lanz qui nous parle. Cette Covassonne, employée de commerce au civil et passionnée de création sous toutes ses formes pendant son temps libre, organisait, dimanche, le premier Salon des arts et loisirs créatifs, à espaceVal.
Le bonheur est dans les mains
« Pour moi, c’est thérapeutique. Quand rien ne va, je peins, je tisse, j’écris. Je voulais que tout le monde puisse essayer. Et réunir, au même endroit, une multitude de propositions créatives. »
Ainsi, ce salon n’est pas une simple vitrine de savoir-faire mais un espace d’expérimentation, où les artisans d’art initient les curieux. On s’installe derrière la table et on essaie… un journal créatif, une aquarelle, un attrape-rêve, un bijou… et même une improvisation théâtrale.
« C’est quelque chose de profondément ancré dans notre région », sourit Sylvia. « Les horlogers, les dentellières… »
De la dentelle aux algorithmes
Justement. À quelques mètres de là, la Fleurisane Françoise Jeanrenaud fait revivre l’art de la dentelle traditionnelle. « Tout le monde faisait de la dentelle à l’époque. En 1764, on comptait dans la région 90 horlogers, 136 maçons… et 736 dentellières. Cinquante ans plus tard, elles étaient 4000 ! »
Et depuis ? « La dentelle mécanique a fait son apparition vers 1820. »
Autre discipline qui résiste à la révolution, numérique cette fois : la calligraphie, à laquelle deux jeunes femmes s’essaient quelques stands plus loin.
Les stylos glissent lentement, les lettres se forment, sous le regard attentif de Marie Rosset. « C’est presque méditatif. »
Et rebelle à l’heure où l’IA peint, dessine, écrit. « Paradoxalement, plus les technologies numériques se développent et plus les jeunes reviennent aux loisirs créatifs. Il y a une vraie mode ces dernières années », souligne Sylvia.
Une façon de convoquer ce qu’il y a de plus humain en nous : l’imagination, la création. Bref, l’émotion.
Esther Freiburghaus






