RVT-Historique
Vingt ans sur les rails de l’histoire
Samedi dernier, le RVT-Historique fêtait son vingtième anniversaire à la gare de Fleurier. Deux décennies de passion et de réhabilitation de ces trains emblématiques qui ont parcouru le Val-de-Travers depuis 1945. Parmi eux, la célèbre « rame rouge » de 1985 qui a réveillé la nostalgie des habitants. Car un train ce n’est pas seulement un moyen de transport.
Le train des souvenirs
« C’était hier. Je sortais du collège, je sautais dans le train pour rentrer à la maison, en évitant soigneusement le wagon fumeurs… parce que, oui, à cette époque, on pouvait fumer dans le train. J’enfilais ma combinaison, j’attrapais mon snowboard et, hop, je re-sautais dans le train, direction La Robella. »
Ce n’est pas la présidente du Conseil communal qui parle, mais la collégienne que Sarah Fuchs-Rota était au milieu des années 1990. Comme chaque Vallonnier, elle garde un souvenir, une anecdote, accrochés aux voitures restaurées par le RVT-Historique.
Le patrimoine sauvé de la casse
20 ans déjà que ces infatigables passionnés restaurent des trains qui sillonnaient notre région, les sauvant d’une mort certaine, pour leur offrir une deuxième vie.
« Au départ, on voulait juste conserver un ancien train de 1945, l’Étincelante, destiné au ferraillage », raconte Jean-Paul Beuret, président de l’association. « C’est comme ça que tout est parti. »
Deux décennies et quatre véhicules plus tard, c’est leur dernière acquisition qui a réveillé, samedi dernier, les émotions des habitants : l’automotrice RBDe 4/4 no 106 pour les initiés, l’ancienne « rame rouge du RVT » pour les autres, mise en service en 1985.
« Quand on entre dans ce train, qu’on tient la rambarde, qu’on ouvre la porte… il y a plein de souvenirs oubliés qui reviennent. C’est un peu comme un plat de grand-mère », s’émeut Sarah Fuchs-Rota.
Une mémoire en état de marche
Car un train, c’est plus qu’un simple moyen de transport. « Pour chaque génération, ça représente quelque chose », observe Jean-Paul Beuret. « Les plus anciens se souviennent de leurs premiers voyages individuels. Et puis, il y a eu ce qu’on appelait le train de la Dubied. Aujourd’hui, les jeunes ne se posent pas encore la question. Mais peut-être que dans vingt ou trente ans, ils raisonneront autrement. »
« Ces bénévoles ont gardé une mémoire en état de marche, racontant à chaque virage un peu de ce que fut la vie au Val-de-Travers », appuie la conseillère d’État Florence Nater, invitée à fêter ce jubilé. « Ça évoque une époque où prendre le train n’avait rien d’un loisir mais était une nécessité pour relier les villages du Val-de-Travers. »
Photo de famille
Pour ses 20 ans, le RVT-Historique s’est offert une sortie inédite de l’ensemble de sa flotte, qui a fièrement actionné ses sirènes devant le hangar de l’association. La population n’a pas boudé son plaisir. Une journée durant, c’est toute une vallée que ces trains d’autrefois ont transportée en enfance.
Esther Freiburghaus




Un train spécial de RVT-Historique passe devant les bâtiments rénovés des Mines d’asphalte, lors d’un trajet entre Les Verrières et Fleurier (24.04.2022). © B. Francey
RVT-Historique le long du lac de Bienne le 24.04.2026, avec l’île Saint-Pierre à l’arrière-plan



