par Homère
Débattre ou se battre
Un mot a imprimé notre mémoire, pour toujours : « Souviens-toi que la vérité a toujours un pied dans le camp adverse ! »… L’éditorialiste Jean Daniel voyait juste, grand et loin. Et, par les temps qui courent, à l’heure de l’exacerbation des antagonismes, sa vérité prend toute sa mesure.
Si se parler est bien heureusement encore possible, débattre l’est-il encore ? Plus la langue s’aseptise, plus le langage s’antagonise, plus les débats agonisent… Et la violence s’élève ! L’art du débat et de la discorde, la capacité à croiser le fer verbalement, à confronter ses idées afin de les fortifier ou de les modifier, semble s’effilocher… La compétence à écouter son interlocuteur, à prendre en compte son avis, à tenter de comprendre son intention et sa démarche… Sans s’insulter, sans recourir aux attaques personnelles, sans en venir aux mains… Tout en acceptant la discorde. À l’heure où le monde se fracture, privilégions la parole ! La parole, outil de concorde… Au café du commerce, dans les tribunes des stades, dans les lignes du bassin de natation, au Parlement des jeunes, autour de la table des exécutifs communaux ! Mieux encore, se taire et écouter. Le silence…
D’ailleurs, ne dit-on pas que le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart ?





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