Môtiers – Musée La Grange – Expo NGAPA Living Water
Konstantina, la force d’une source de vie ou quand l’art résonne comme une quête identitaire
Lors du vernissage de l’exposition déjà, nous avions été subjugués par la force du discours de Konstantina. Dimanche dernier, la Fondation Burkhardt-Felder offrait, à qui voulait bien s’inscrire, un parcours commenté de cette magnifique exposition, sous la conduite de l’artiste d’origine aborigène. Un régal…
« En 1984, en raison d’une grave sécheresse, un groupe de neuf Aborigènes australiens sont sortis du désert de Gibson, en Australie-Occidentale, où ils menaient jusqu’alors une vie nomade traditionnelle, à l’instar de leurs ancêtres, sans contact aucun avec les Européens. Ils parcouraient régulièrement, sous une chaleur implacable, la distance qui séparait un point d’eau d’un autre, souvent distants de près de 40 km. Lorsqu’il fut demandé plus tard à l’un des membres du groupe ce qui l’avait le plus marqué en sortant du bush, il a désigné le robinet : l’eau qui coulait librement d’un robinet »… Tout un symbole que les mots de la présidente de la Fondation, Theresa Burkhardt-Felder, en présentant l’oratrice du jour !
La voix d’abord, grave et envoûtante, vibre contre les murs du splendide musée pour résonner et pénétrer davantage encore dans nos esprits. Dans nos cœurs… Une histoire de vie, une quête identitaire de la nation Eora. La posture ensuite, droite et solidement ancrée, qui exprime avec fierté ses origines. Lorsque Konstantina lance : « Je suis une femme Gadigal », non seulement on perçoit mais on ressent au plus profond de nous-mêmes cette force de vie exprimée au travers de ses œuvres « La peinture n’est pas seulement un moyen d’expression, c’est un langage. Un langage d’intimité entre moi-même et ma culture ! ». Konstantina exprime la voix Gadigal réduite au silence lors de la colonisation de l’Australie, en 1788. Elle l’exprime avec une telle puissance qu’elle ouvre des portes vers la liberté.
Konstantina, « une adulte, une femme, une mère », expose son lien avec ses origines en décrivant ce pays qui « s’étend au-delà du monde physique pour atteindre une dimension spirituelle. Ce que le discours occidental simplifie souvent sous le terme de rêve, est en réalité un système complexe d’être et de savoir »…
L’importance de l’histoire pour mieux appréhender l’avenir… Une leçon de vie, disions-nous en préambule ! Une leçon de vie pour mieux appréhender l’avenir, dans un monde en quête de repères. Il faut se rendre à Môtiers pour pénétrer l’univers de Konstantina et ses collègues artistes aborigènes.
Claude-Alain Kleiner



Les trois membres du comité de la SAVdT. De gauche à droite : Florian Stirnemann, Marco Ventrici et Liam Menoud, espèrent transmettre leur passion de l’apiculture à la population, le 13 juin prochain.
Fabien Chapatte, agent général et Eric Sivignon, conseillé communal de Val-de-Travers
KVA