Inauguration de la SPA à Noiraigue
Jungle a trouvé son royaume
La SPA du Val-de-Travers inaugurait, samedi dernier, ses nouveaux locaux à Noiraigue. Désormais exclusivement réservé aux chats, le bâtiment dispose de sept espaces modulables, avec accès extérieur, pouvant accueillir jusqu’à 100 pensionnaires. Parmi eux, un « quartier » pas comme les autres pour les félins… différents.
Il s’appelle Jungle. « C’est notre star », s’amuse Céline Roulin, présidente de la SPA du Val-de-Travers. Comme sa centaine de congénères, il a trouvé ses marques dans son nouvel espace.
Jungle a une particularité, l’ataxie, un symptôme neurologique qui l’oblige à avancer de façon désarticulée. « Ce n’est pas grave. Encore moins mortel. Mais il est différent. Et ça, ça fait peur aux gens. »
Des chats condamnés à l’euthanasie
Dans un refuge classique, Jungle aurait été « endormi » comme on dit ici. « Les refuges sont des lieux de transit. Des chats arrivent puis repartent à l’adoption. Mais pour ceux qui ne peuvent pas l’être, il n’y a pas d’autre solution. » Impensable pour Céline.
Elle a donc créé Chatdicap, une association d’accueil pour ces chats « différents », mal-aimés des visiteurs, qui ne trouveront sans doute jamais de famille d’adoption.
C’est la singularité de cette SPA : deux associations sous le même toit ; l’une classique, avec sa cinquantaine de minets proposés à l’adoption, et l’autre pour Jungle et les autres, éborgnés, diabétiques, arthrosés… « Ils demandent beaucoup plus de moyens que les pensionnaires d’une SPA classique. Ces chats finiront sans doute leur vie ici et ils ont des besoins spécifiques, médicaments, soins, nourriture… » Soit 10’000 francs par mois, uniquement pour Chatdicap.
Qu’importe. Sauver ces chats, c’est le combat de la vie de Céline, qui ne compte plus les nuits passées à même le carrelage, pour veiller ses protégés. « La limite, c’est la douleur. S’ils souffrent, on n’hésite pas à les laisser partir. »
« On ne s’attendait pas à autant de monde ! »
Samedi il y avait foule pour visiter les nouveaux locaux. À l’ombre du vaste bâtiment, à la lisière du village, une multitude d’espaces aménagés (on les appelle des « quartiers ») : salle post-opératoire, quarantaine et même une salle pour les chats atteints de leucose, un virus félin contagieux qui impose leur isolement et les condamne souvent à l’euthanasie dans les refuges traditionnels.
Et donc cette grande salle, « Les Basilics », parcourue de cachettes et de plateformes suspendues, où Jungle avance tant bien que mal entre les jambes des visiteurs, à la recherche d’une caresse.
À l’entrée, la file s’allonge. Les visiteurs doivent attendre de longues minutes avant d’entrer. « On ne s’attendait pas à autant de monde ! », s’étonne Céline, qui prend Jungle dans ses bras. « Regardez comme ils sont contents. Et s’il y a trop de monde, ils peuvent tout simplement sortir. »
Inès et David, un jeune couple de Saint-Sulpice, cherchent leur nouveau compagnon. Lui est assistant vétérinaire et les chats dits « inadoptables », ça ne lui fait pas peur. David sourit : « On cherchait justement un chat qui a besoin de soins. »
Esther Freiburghaus
le Courrier en images
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