Journée des naissances
Davantage d’arbres, mais moins de bébés
Depuis seize ans, la Commune invite chaque année les enfants qui viennent de naître. Plantation d’arbres et aménagement d’une place de pique-nique ont célébré leur arrivée dans ce monde… en mutation.
Samedi, l’automne est enfin arrivé ! Il pleut abondamment sur le terrain des Lerreux, à Fleurier, et pourtant des dizaines de familles affluent.
« On est tellement heureux de vivre ici, que nos enfants grandissent ici », confie la maman de Diana. « C’est chouette, surtout l’idée de planter un arbre, d’avoir un point d’attache », approuve le papa de Jasmin. « Les gens se retrouvent, on voit qui seront les futurs copains à l’école. »
« On a des événements tout au long de l’année qui fêtent les différentes étapes de la vie de la population », explique Sarah Fuchs-Rota, présidente du Conseil communal. « Il y a, donc, cette journée des naissances, mais aussi l’accueil des nouveaux citoyens, l’accueil des nouveaux habitants, la soirée des retraités, le jubilaire des 70 ans… ça permet de faire communauté, c’est important. »
De moins en moins de bébés
Ils étaient 78 bébés à pointer le bout de leur petit nez en 2025, soit seize de moins que l’année précédente. « On voit une baisse de la natalité partout en Suisse », confirme Sarah Fuchs-Rota. « On n’est pas plus touchés qu’ailleurs. Il y a sans doute plus d’anxiété et on n’a peut-être pas une politique familiale très proactive dans notre pays. Ça va forcément avoir des conséquences sur nos caisses de retraite, parce qu’on a une population qui vieillit. 26 % de la population a plus de 65 ans au Val-de-Travers. »
Un chêne pour le futur
En bordure des solides tables et bancs en bois fraîchement installés, le service des forêts communal a soigneusement sélectionné les arbustes qui composent la haie. Cerises, groseilles, cassis, myrtilles et raisinets, pour la biodiversité, que la population pourra picorer librement. Mais aussi un bébé chêne, symbole d’un climat changeant qui exigera des essences plus adaptées à son évolution.
« On mise tout sur le chêne actuellement », éclaire Aimeric Hofmann, chef du service des forêts. « C’est vraiment une essence qui va résister aux changements climatiques. On a des modèles qui nous permettent d’imaginer le climat du futur et on voit les étages de végétation qui remontent. Dans les années 2080, on aura théoriquement, ici, à 800 m, le climat du Littoral, 400 m plus bas. »
Il lève les yeux en direction de l’arbre encore frêle : « Si tout va bien, il sera encore là dans 300 ans. » Bien plus longtemps que les petits Vallonniers fêtés ce week-end, qui reviendront peut-être s’abriter sous ses branches avec leurs enfants, leurs petits-enfants…
« Je reviendrai avec mon fils », confie Benoît Simon-Vermot, conseiller communal et heureux papa d’un petit Eugène. « Mes aînés retournent parfois près de leur arbre. »
On connaît la chanson. Auprès de notre arbre, on vit heureux. Et on ne devrait jamais… le quitter des yeux.
Esther Freiburghaus
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