Fête villageoise de Saint-Sulpice
Pas de cortège mais un défilé de compliments
Saint-Sulpice a vécu sa fête annuelle le week-end passé sur fond de petite révolution : le traditionnel cortège a été remplacé par une balade estivale et gourmande qui reliait différents points clés du village. En approchant de très près les 100 « gourmands », le concept pourrait faire de la route dans l’esprit de l’Amicale de Saint-Sulpice (organisatrice) et revenir une année sur deux.
On reproche parfois aux événements villageois présents de longue date de dormir sur leurs lauriers et de ne pas avancer avec leur temps. Depuis quelques années, la fête villageoise de Saint-Sulpice prend un chemin inverse en faisant évoluer sans cesse son offre. Montgolfière, vols en hélico et maintenant balade gourmande, chaque édition nous réserve une surprise que l’on n’avait pas vue venir. « C’est vrai qu’on essaie d’être imaginatifs », confirme Yohan Frey de l’Amicale de Saint-Sulpice. « On montre qu’on est toujours là et qu’on est encore pleins d’idées pour faire vivre le village. »
L’afterwork fondue du vendredi : un morceau de stabilité
Cette volonté s’imbrique plutôt bien avec une problématique contemporaine qu’elle vient compenser au mieux : la difficulté de plus en plus marquée d’égayer la vie des villages grâce au bénévolat. « On a remarqué qu’il y avait déjà passablement de cortèges avant l’été et les sociétés n’ont plus forcément le temps et les ressources humaines pour préparer chaque année un char pour notre fête. Ça devient complexe et cela nous pousse aussi à proposer d’autres choses. » Mais même dans les plus grandes révolutions de l’histoire, certaines valeurs sûres demeurent, tel l’afterwork fondue du vendredi soir. « Nous avons rempli 140 caquelons, comme l’année passée », se réjouit Yohan Frey.
Un succès qui fait réfléchir le comité
Compte tenu de ce repas catalogué « très hivernal », les deux averses du vendredi soir ont été plutôt très bien accueillies : « Elles ont refroidi l’atmosphère surchauffée du week-end et ça a fait du bien. En revanche, on nous a dit qu’il faisait un peu trop chaud samedi pour la balade gourmande. Mais ça, on n’y est pour rien… », souffle-t-il avec un air amusé. Sinon, les retours ont été positifs ? « Tout à fait, on n’a reçu que des compliments. » Ces compliments sont confirmés par les plus de 90 inscriptions. « On est très satisfaits de la participation. Rien n’est encore décidé par le comité mais on pourrait imaginer que la balade gourmande revienne une année sur deux par exemple. »
Le Buffet de la Gare revit « par procuration »
Les premiers participants sont partis à 14 heures et les derniers sont arrivés au collège vers 19 h 15, pile au moment où le menu « risotto – rôti » était servi ! Entre-temps, les « marcheurs » s’étaient mis en appétit en effectuant un parcours avec différents postes mêlant les plaisirs gustatifs et plaisirs des yeux : dégustation de vin, planchette de fromage, visite du musée Volkswagen et absinthe aux sources de l’Areuse avant de prendre l’entrée dans un wagon du Vapeur Val-de-Travers (VVT). Sans oublier un passage dans le dépôt du VVT où une locomotive de 1943 marquée par des impacts de balles de la Deuxième Guerre mondiale attendait notamment les curieux. Finalement, un autre lieu mythique du village était indirectement à l’honneur : le Buffet de la Gare. C’est là que Valerio Colò tenait une pizzeria bien connue des Vallonnières et des Vallonniers. Deux de ses fils ont poursuivi l’histoire familiale en servant 180 pizzas samedi soir. De quoi satisfaire les gourmands d’histoire régionale également…
Kevin Vaucher






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