Une fuite d’ammoniaque crée un moment de panique à Fleurier
De bon matin, les sirènes des pompiers et de la police ont créé une ambiance particulière au saut du lit le 4 février dernier. Il était 7 h 18 lorsque l’alarme a été donnée : une fuite de produit chimique gazeux menaçait les abords de la patinoire de Fleurier. Quelque temps plus tard, l’inquiétante effervescence prenait des airs encore plus sérieux lorsque des silhouettes émergeaient protégées par des tenues chimiques lourdes munies d’un appareil respiratoire intérieur pour une sécurité maximale. Ambiance !
Des appareils de détection qui saturent
Si les incidents liés à des fuites d’hydrocarbure sont relativement fréquents, ceux en lien avec des produits chimiques gazeux semblent l’être beaucoup moins. En réalité, ils sont loin d’être rares : « Nous en avons eu deux en l’espace de trois semaines », rapporte le commandant du SDIS Valtra Patrick Piaget. « Lors du précédent (ndlr : dans une entreprise de Fleurier), il avait fallu évacuer les 75 membres du personnel. » Ce matin du 4 février, l’inquiétude a rapidement gagné les rangs lorsque les appareils de détection de produits chimiques ont indiqué 500 ppm (parties par million). « Nos instruments ne peuvent pas aller plus haut. La concentration en gaz était en réalité supérieure. » Ce qui explique les tenues chimiques lourdes portées par des professionnels venus de Neuchâtel.
Le froid a entraîné un confinement naturel de la population
La chaîne d’intervention et de secours s’est rapidement mise en place. Le SDIS Valtra a évidemment été rapidement sur les lieux. Il a été rejoint en renfort par des équipes du détachement de premiers secours 1 du Littoral et des Montagnes neuchâteloises. Cette opération a également nécessité l’expertise chimique du groupe de soutien technique accident. Une fuite d’ammoniaque a été décelée dans le local technique de la patinoire. « C’est un produit à forte toxicité qui se répand dans l’air. Nous avons donc dû évacuer les lieux et leurs abords. Il fallait agir vite car il y avait des joutes sportives à proximité. Heureusement, il n’y avait pas de vent et pas ou peu de fenêtres ouvertes. » Le froid a entraîné un confinement naturel en quelque sorte. La zone a dû être sécurisée jusqu’aux environs de 14 heures.
Rideaux d’eau pulvérisés pour rabattre les vapeurs
Le SDIS Valtra est notamment intervenu pour alimenter en eau le dispositif d’urgence qui consistait entre autres à pulvériser des rideaux d’eau pour emprisonner et rabattre les vapeurs. « Le mélange d’eau et d’ammoniaque a ensuite été récupéré par une entreprise privée et acheminé vers un centre de traitement approprié. » Même si ce type d’intervention s’inscrit toujours dans le temps long pour sécuriser les personnes et l’environnement et intervenir en toute sécurité, aucun blessé n’est à déplorer cette fois-ci.
Kevin Vaucher









Celya Burch, championne cantonale dans la catégorie bronze B.