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Lauréate du prix Montagne, Freelap souhaite passer des ...
Chroniques
11 septembre 2026

Technologie

Lauréate du prix Montagne, Freelap souhaite passer des pistes aux bassins

Jeudi dernier, la société Freelap, basée à Fleurier, a reçu le prix Montagne 2026 de l’Aide suisse à la montagne. Une belle récompense pour l’entreprise spécialisée dans le chronométrage sportif, ainsi que pour son fondateur et directeur, Jean-Pierre Baumann, actif dans les technologies pour le sport depuis plus de quarante ans.

Une semaine après les honneurs, Jean-Pierre Baumann, fondateur et directeur de la société Freelap, sise à Fleurier, s’étonne encore un peu que son entreprise ait obtenu, parmi six nominés et 42 candidats, le prix Montagne 2026 décerné par l’Aide suisse à la montagne (ASM), qui récompense des projets contribuant à la diversification économique des régions d’altitude. « Leur intérêt à notre égard et ce prix sont une super reconnaissance pour toute notre équipe (ndlr: sept employés) et notre savoir-faire », explique-t-il. Créée en 2002, Freelap s’est spécialisée dans des instruments de chronométrage sportif sans fils (balises, puces et applications), portables et simples d’utilisation par les athlètes, les entraîneurs et les clubs. « Nous sommes principalement présents dans le monde de l’athlétisme, mais nos produits conviennent à différents sports », détaille Jean-Pierre Baumann.

Actuellement, la société exporte dans une vingtaine de pays de plusieurs continents et la liste non exhaustive d’athlètes de haut niveau utilisant les systèmes de Freelap est impressionnante : Femke Broeders-Bol, Simon Ehammer ou encore Justin Gatlin, en son temps. «Aux États-Unis, nous avons deux tiers du marché dans l’athlétisme grâce à notre distributeur », note le directeur de Freelap, lui-même sportif accompli. Également, la société peut être fière d’un partenariat avec l’équipe de France de biathlon, où la société a équipé le centre d’entraînement de Prémanon. Des instruments de chronométrage précis, simples, légers et abordables, la recette du succès.

Des pulsations aux minutes et secondes

Appliquer les technologies au sport, c’est le travail et la passion de Jean-Pierre Baumann depuis plus de quarante ans. Au milieu des années 80, l’entrepreneur conçoit un premier cardiofréquencemètre destiné au sport de haut niveau. Puis, avec son ami et associé Jacques Haldi et son collègue ingénieur Fernando Lopez, Jean-Pierre Baumann va poursuivre le développement d’appareils toujours plus perfectionnés, comme un premier cardiofréquencemètre pour la natation. « La Fédération française nous en a commandé plusieurs centaines », se remémore l’actuel directeur de Freelap.

Néanmoins, malgré des utilisateurs de renommée mondiale, lui et son associé décident de vendre leur société aux Finlandais de Polar. « Nous n’avions pas beaucoup de moyens de nous développer et Polar voulait nous racheter. C’était le moment », détaille Jean-Pierre Baumann, qui travaillera au R&D (recherche et développement) de l’entreprise finlandaise jusqu’en 2002. Cette même année, l’entrepreneur fonde donc Freelap pour développer ces systèmes de chronométrage. «Claude Meisterhans du CEP Cortaillod et Pierre-Eric Rey du SC Les Cernets m’ont tout de suite dit que cela allait se vendre », sourit Jean-Pierre Baumann.

Retour dans le grand bain

Si, comme cela a été dit, les appareils Freelap peuvent s’adapter à presque tous les sports, Jean-Pierre Baumann a toujours gardé à l’esprit l’idée de créer des systèmes spécifiques pour la natation, comme ce cardiofréquencemètre innovant de 1986. « En ski, en athlétisme, en cyclisme, nous avons de la concurrence. En natation presque aucune », constate l’entrepreneur. Certes, il reconnaît que les montres connectées actuelles enregistrent des données, mais elles n’offrent aucune visibilité en cours d’effort, à l’athlète ou à l’entraîneur.
« Pour équiper une piscine avec les systèmes professionnels actuels, cela coûte plusieurs dizaines de milliers de francs », ajoute Jean-Pierre Baumann, en notant que la bonne vieille méthode du chronométrage manuel est elle un peu obsolète aujourd’hui. Ainsi, dès 2010, Freelap a lancé un nouveau cardiofréquencemètre pouvant également enregistrer les temps de passage. Toutefois, Jean-Pierre Baumann et son équipe constatent quelques faiblesses dans la transmission des données.

Après plusieurs années de recherche, il semblerait que les ingénieurs de Freelap aient conçu un système de grande qualité d’utilisation et de précision. « Une plaque amovible est attachée, sous le plot, aux barres de départ de nage dos et à chaque contact du nageur marque le temps de passage qui s’affiche sur le téléphone de l’entraîneur », explique, simplement, Jean-Pierre Baumann. Actuellement, ces appareils sont testés par le Red Fish de Neuchâtel et paraissent être appréciés. Néanmoins, le directeur de Freelap veut encore améliorer son système. « Le problème c’est qu’il ne peut y avoir qu’un nageur par ligne d’eau », souligne-t-il. Ainsi, la dernière nouveauté consistera en un transpondeur numéroté porté à la lanière des lunettes de chaque athlète. Ce « chip » permettra de distinguer les temps de chaque nageur à chacune de leurs « touches » dans une même ligne. L’inventivité de Jean-Pierre Baumann, censé être à la retraite, ne semble pas voir de limite.

Gabriel Risold

Développer un peu le marketing

Au-delà du prix Montagne qui récompense la haute technologie de Freelap, celui-ci s’accompagne d’une dotation de 40’000 francs. « C’est non négligeable » reconnaît Jean-Pierre Baumann. Le fondateur et directeur souhaiterait quelque peu investir dans le marketing de la société. « Notre publicité a surtout été faite par le bouche-à-oreille pour l’instant, ce qui demande du temps », constate-t-il, en soulignant, toutefois, que le procédé est la preuve d’une très bonne crédibilité dans le milieu sportif.

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