Scène ouverte aux Mascarons
Le tremplin des talents du Vallon refait salle comble
Deuxième édition pour Scène ouverte, le week-end dernier, aux Mascarons de Môtiers. 23 artistes, 17 numéros. Du stand-up, de la chanson, de la danse. Des jeunes et des moins jeunes. Deux soirées successives. Et une ambiance de folie, à guichets fermés. On vous emmène dans les coulisses d’un événement appelé à durer. Chouette !
Samedi, 18 heures. La salle est comble, les lumières s’éteignent. Dans les coulisses, la tension monte, le trac est palpable. Nolan vient de quitter les loges et attend au haut de l’escalier. C’est lui qui ouvre le bal. Inspirer. Expirer. « J’ai un trac pas très gentil… J’ai envie de vomir, je ne mange plus. Mais après, ça va mieux. »
C’est elle, c’est Marie-Thérèse !
L’animatrice annonce son nom, le jeune homme s’avance. Le spot le fige au milieu d’une scène immense. Et le public n’en croit pas ses yeux. C’est elle, c’est Marie-Thérèse Porchet. Tailleur strict, perruque, maquillage. Et les mêmes mimiques, les mêmes pas de danse. Le public se marre, Nolan se lâche. « J’ai connu Marie-Thérèse il y a 15 ans et j’ai commencé à l’imiter devant la télé. C’est ma deuxième Scène ouverte et j’adore. Ça nous permet de nous confronter au public, de montrer notre talent. Sur Instagram, ce n’est pas pareil. Ici, on a directement le regard des gens. C’est du live. »
Comme d’autres, Nolan espère en faire son métier. « Mon rêve, ce serait de créer mon propre personnage et d’en vivre. »
Dévoiler des talents cachés
C’est pour lui et tous les Vallonniers qui « chantent dans leur chambre » que le Parlement des jeunes a lancé cette initiative. « Notre but c’est d’offrir une scène à tous les artistes de la région, ceux dont ce n’est pas le métier mais qui ont un talent caché. Ça leur permet de le dévoiler au public dans une ambiance qui se veut bienveillante, » détaille Neven Mairy.
Puis vient Nicole, joyeuse retraitée, qui chante Bourvil avec ses marionnettes. Et arrive Mojtaba.
Lorsqu’il entonne les premières notes, la salle bascule.
En persan, Mojtaba chante « Dernière rencontre », un poème écrit pour sa maman. « Je viens d’Afghanistan. Ça fait une année que je suis en Suisse, après avoir vécu en Iran 4 ans. Je suis arrivé seul. Et ma maman me manque. » Les yeux s’embrument, la voix se brise. Avant qu’une lueur ne réapparaisse dans ses yeux tristes : « J’aimerais en faire mon métier. Et quand j’aurai appris le français, alors je chanterai en français. »
Pour Neven et ses amis, l’événement est évidemment un succès. « Tout est parfait. Les artistes ont répondu présent, les réservations sont parties très vite. La salle est géniale. Elle permet d’accueillir 100 personnes, ce n’est pas rien, et en même temps, il y a un côté presque intimiste. »
Pour la première fois, les artistes se sont produits deux soirs
successifs. Et ensuite ? « On n’a encore rien décidé, mais évidemment, je suis partant pour une troisième édition en 2027. » Artistes et public aussi.
Esther Freiburghaus







© Pierre Antoniotti
Jade Renaud, Alyssa Gyseler et Chelsea Eschler