Limitation de la consommation d’eau
Le Vallon à l’épreuve du manque d’eau
Les réserves d’eau de la vallée sont au plus bas. Une solution de secours est envisagée pour Noiraigue alors que Buttes a dû être alimenté depuis Fleurier. Le Conseil communal édicte des recommandations de limitation de l’eau potable, mais pas d’interdiction. Et prépare des solutions pour sécuriser l’approvisionnement.
À Môtiers, la rivière ne chante plus depuis plusieurs semaines. C’est à ses abords que le conseiller communal Yann Klauser nous a donné rendez-vous. Cette rivière, il la connaît bien. Il vit appuyé sur ses rives depuis près de vingt ans. Jamais il n’avait vu le Bied ainsi. Un lit de pierres où poussent, çà et là, des touffes d’herbe.
Une situation « préoccupante, pas alarmante »
À Môtiers comme dans toute la vallée, l’été a été aride. Et le début de l’automne n’a pas suffi à rétablir les réserves. Le Conseil communal vient d’édicter des recommandations pour limiter l’usage de l’eau potable afin « d’éviter des coupures d’eau dans un avenir proche » : lavages des véhicules, nettoyage des surfaces extérieures, arrosage, notamment.
« La situation est préoccupante mais pas alarmante », rassure Yann Klauser. « On n’est pas en train de dire qu’on va couper les robinets la semaine prochaine. Par contre, oui, les réserves sont entamées. » Et ce qui inquiète le plus, c’est la situation de Noiraigue. « On envisage d’alimenter le village par d’autres ressources. On a des discussions avec la ville de La Chaux-de-Fonds pour pouvoir capter l’eau depuis la conduite de pompage des gorges de l’Areuse et ensuite passer par les canalisations de lutte incendie du tunnel de La Clusette ».
Buttes a eu chaud ! Le village doit son salut à l’interconnexion avec Fleurier, mise en place au printemps, qui a permis d’alimenter le village à trois reprises. « Sinon, on aurait dû livrer l’eau potable par camion-citerne ».
Recommander, pas interdire
Le Conseil communal s’appuie sur le sens des responsabilités de chacun, mais n’interdit rien. Pour le moment.
« On a choisi de sensibiliser et pas d’interdire. Il y aura toujours des gens qui ne vont pas suivre ces recommandations, ou qui n’ont simplement pas eu l’information ». Le risque de coupure d’eau est évoqué dans le communiqué officiel : « Le cas échéant, oui. C’est le bout du bout. »
2026, année charnière ? Ce qui était jusqu’alors une exception deviendra la norme, nous disent les spécialistes du climat. Au-delà des solutions immédiates, la Commune cherche donc à sécuriser durablement son approvisionnement.
« Des études sont réalisées pour trouver d’autres ressources, de nouvelles nappes phréatiques pas encore exploitées, par exemple. Et il y a un projet d’interconnexion avec La Brévine qui nous permettrait d’utiliser, via Viteos, l’eau du lac de Neuchâtel. »
Cette eau qui nous semblait si évidente, si abondante, devient une denrée précieuse. « On peut dire que 2026 est une année témoin pour le Service des eaux, qui va nous permettre de fixer des seuils d’alerte et d’anticiper les mesures à prendre ».
Esther Freiburghaus








