MRVT
Une expo… pas comme les autres
Une expo… sans aucun objet ! C’est le pari audacieux de la nouvelle présentation du Musée régional du Val-de-Travers qui démontre qu’un musée, ce n’est pas toujours exactement ce que l’on croit. C’est aussi parfois un lieu d’expérimentation et même un amusant jeu de piste. Et si on jouait ?
Une drôle d’expo
En pénétrant dans les salles de la nouvelle exposition temporaire du MRVT, un sursaut. Celle qui s’intitule « Histoire d’objets » ne présente pourtant… aucun objet. À leur place, des photographies soigneusement mises en scène tapissent les murs, façon pop art.
120 objets photographiés, 120 histoires du Vallon, d’hier et d’aujourd’hui. Une sélection difficile parmi les plus de 25’000 objets qui composent les riches collections de l’institution.
« Quand je suis arrivée, il y a quatre ans, j’ai été époustouflée par tout ce qu’il y avait dans les collections », s’enthousiasme Sandrine Girardier, conservatrice du musée. « La photo, ça permet de présenter des objets énormes, d’autres tout petits, sans se soucier de l’espace disponible. On n’a pas sélectionné des ‹ chefs-d’œuvre › mais, au contraire, des objets plus modestes, plus rustiques, des fois énigmatiques, qui, souvent, n’ont plus du tout l’utilité qu’ils avaient autrefois. »
Cherchez l’objet…
L’audace ne s’arrête pas là. L’exposition se métamorphose en jeu de piste. Livre en main, les visiteurs doivent relier les objets entre eux. Chaque photo numérotée livre un indice menant au suivant. À chacun de renouer le fil.
« Par exemple ici, il y a un pain de sucre, tel qu’il était autrefois vendu ou conservé. Dans le livre, à la fin du texte descriptif, on a un petit indice qui va nous permettre de trouver l’objet suivant. On a parlé du sucre, on s’intéresse à présent à son contraire, ou presque. Donc on va regarder les photos et chercher celle qui correspond. Là, ce sont des sels de réanimation que les dames aux corsets trop serrés reniflaient en cas d’étourdissements. »
Un inventaire à la Prévert
D’énigme en indice, on navigue ainsi d’une étrange main de momie égyptienne aux origines incertaines à un triangle en bois de déneigement des trottoirs ; d’un jeu de l’oie antialcoolique dessiné par Le Corbusier à une toupie de comptoir qui désignait celui qui réglerait la prochaine tournée. Trois parcours, trois couleurs : l’un chronologique, l’autre régional, le dernier insolite, qui parcourent 300 millions d’années d’histoire.
Enfin, divers ateliers et visites, guidées par la comédienne Carine Martin, sont proposés. « J’incarnerai une historienne qui apporte son propre éclairage sur les objets. Elle doit elle aussi résoudre des énigmes, mais toutes les informations ne seront pas… vraiment vraies », s’amuse-t-elle.
Un musée qui ne ressemble pas tout à fait à un musée, une expo sans objets, des visites gentiment déjantées : voilà qui devrait intriguer jusqu’à celles et ceux qui pensaient… ne pas aimer les musées.
Esther Freiburghaus





Nouveau conservateur-adjoint du MRM, Loïc Beck a fait visiter au Courrier du Val-de-Travers hebdo la petite exposition des pièces du musée à la Noctule, à Champ-du-Moulin, à côté d’une autre « Maison Rousseau » que celle de Môtiers

Kiara et Lucile Philipona et Vickie Alves