Le Kremlin au fond du jardin
J’ai découvert avec intérêt – et un certain émerveillement – le récent billet que Groupe E a publié sur son blog et intitulé « Quand la désinformation menace notre avenir énergétique » (https://www.groupe-e.ch/fr/blog/menace-avenir-energetique). Le texte explique que les opposants aux éoliennes seraient influencés par des réseaux internationaux, des algorithmes malveillants, des médias trompeurs, voire, en filigrane, par le Kremlin. Rien que ça.
Le raisonnement est séduisant : si vous êtes favorable aux éoliennes, vous êtes rationnel, éclairé et tourné vers l’avenir. Si vous êtes critique, vous êtes peut-être manipulé par les réseaux sociaux, des populistes ou des puissances étrangères. Dans cette vision du monde, les citoyens n’ont plus vraiment le droit de douter ; ils doivent simplement choisir entre l’adhésion et se taire.
Le plus ironique est peut-être que cet appel à la lutte contre la désinformation figure sur le blog même d’une entreprise qui développe activement des parcs éoliens et dont la filiale Greenwatt porte plusieurs projets dans le canton de Neuchâtel. On attend désormais avec impatience un article du lobby des cigognes expliquant pourquoi les éoliennes sont excellentes pour les oiseaux.
La transition énergétique mérite mieux qu’un débat où les uns distribuent les certificats de vérité et les autres les certificats de crédulité. Dans le Val-de-Travers, nous avons encore la faiblesse de croire qu’on peut être en désaccord sans être désinformé.
Et si cette idée paraît révolutionnaire, c’est peut-être qu’elle est devenue dangereusement rare.
Michel Fior, La Brévine

De gauche à droite : Alessandro Presset, Camille Ahmetaj, Stéphane Berger, Jordan Franzin, Julien Stalder, Lionel Fortuné, Thomas Jequier (Absents : Marlon Chenaux, Yoan Leroy)


