Hommage aux Bourbaki
155 ans d’histoire et une mémoire pour demain !
Dimanche dernier au matin, le traditionnel hommage aux Bourbaki a eu lieu à cheval sur la frontière franco-suisse. D’abord au temple des Verrières puis sur le Monument aux Morts de la Cluse-et-Mijoux. Cent cinquante-cinq ans jour pour jour après l’accueil de l’armée française du général Bourbaki sur nos terres, la question du temps a plus que jamais été au centre des cérémonies mémorielles en hommage à ce glorieux passé.
Le temps qui passe, c’était d’abord celui du retard à l’allumage en cette journée commémorative. Un invité de marque étant arrivé avec 30 minutes de retard, les nombreux participants ont dû prendre leur mal en patience avant d’entendre Christian Mermet – président de l’association Bourbaki Les Verrières – prendre la parole pour parler… de présent, de passé et de futur. Tout d’abord ironiquement : « On sera en retard sur le programme mais ce ne sera pas de la faute des Suisses », puis avec une posture plus grave : « Être réunis ce 1er février 2026 aux Verrières est plus que jamais particulier au vu du monde qui nous entoure. »
Solidarité et empathie : des forces pour l’avenir
Après une brève pause, il approfondissait sa démonstration : « Notre devoir de mémoire autour des Bourbaki est empreint de solidarité et d’empathie par rapport à ceux qui ont souffert (ndlr : en l’occurrence l’armée française de l’Est en déroute et poursuivie par les forces prussiennes en début d’année 1871). Pourtant, la commémoration de cette souffrance, vieille de 155 ans, n’a peut-être jamais autant renvoyé aux réalités actuelles. La solidarité et l’empathie seront sans doute des forces pour l’avenir », face à l’instabilité planétaire et à la militarisation galopantes des relations. Le Bourbaki d’honneur 2026, Gérard Tissot-Robbe – agriculteur, historien et auteur – a pris le sillage de Christian Mermet pour faire entrer en postérité l’armée Bourbaki et son général « qui était tout sauf un pleutre contrairement à ce qu’on entend parfois. » Une armée qui ne capitula pas en trouvant refuge en Suisse mais qui recula pour mieux repartir au combat. Et ça, les générations de demain feraient bien de le comprendre elles aussi…
Kevin Vaucher





Le Val-de-Travers, été 2025. © Christian Lutz


