Foire de Couvet
La foire reprend ses quartiers d’automne
Depuis plus de trois siècles, chaque dernier vendredi d’octobre, Couvet fait la foire. Un rendez-vous historique qui retrouvait ses quartiers sur une rue principale toute neuve. Entre souvenirs de jeunesse et gâteau au fromage, rencontres avec les commerçants et les chalands.
À l’approche de la Grand-Rue, les effluves de grillades et de barbe à papa s’évadent. Ça sent la fête ! Et cette foire d’automne s’annonce très spéciale, de retour sur la rue principale après trois éditions d’exil sur la place des Collèges.
315 ans au rythme des saisons
En 1711, le roi de Prusse, alors souverain de la Principauté de Neuchâtel, octroie à Couvet le droit de « foirer », deux fois par année, au rythme de l’agriculture et ses montées à l’alpage, désalpes, travaux dans les champs et autres récoltes. Chaque printemps et chaque automne, la foire était alors un haut lieu de négoce agricole.
Trois siècles plus tard, les têtes de bétail ont cédé leur place aux savons artisanaux, jouets en plastique et autres antiquités, mais les marchands sont au rendez-vous, certains depuis des décennies.
Emmitouflé dans son écharpe, Hubert Froidevaux observe les quelques chalands qui défilent devant son stand de confiseries. La bise est piquante, l’hiver esquisse sa première offensive. « Il n’y a pas beaucoup de monde cette année. Sans doute le froid ? » Chacun y va de son hypothèse. « Les gens doivent se réhabituer à la Grand-Rue », suppose Ludivine Weber de La pépinière d’Agnens. « Et puis il y a l’inflation », ajoute Claude Brosy, de Côté mini-boutique.
Des souvenirs et du fromage
Cosette, enfant de Couvet, se remémore sa jeunesse : « C’était un événement. Tous les enfants avaient congé ce jour-là. On passait notre journée à arpenter la rue. »
Ce vendredi, les enfants sont rares et le carrousel reste silencieux. Heureusement, les irréductibles sont là. Myriam et Christophe sourient : « Une foire de Couvet, ça ne se rate pas. Pour les rencontres. Et pour le gâteau au fromage ! »
Ouf, il est là, juste au bout de la rue. Bien chaud, réconfortant. Un homme savoure sa part : « Une foire réussie, c’est juste ça. »
Esther Freiburghaus






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