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Entre sécheresse, convivialité et orages
Chroniques
14 août 2026

Fête nationale

Entre sécheresse, convivialité et orages

Alors que les feux d’artifice étaient annulés pour cause de sécheresse inhabituelle, ce sont les orages qui ont joué à cache-cache avec les célébrations de la Fête nationale, le 31 juillet, à Môtiers. Entre cor des Alpes, jazz, grandes tablées et saucisses grillées, le Vallon s’est ri des éléments et prouvé que le cœur de la fête battait ailleurs.

Des préparatifs caniculaires

Tout a commencé dans la chaleur étouffante d’une fin de semaine qui halète sous presque 30°C.

Les sociétés locales et la toute nouvelle « Association de la Fête nationale du Val-de-Travers », émanation de Jex, se sont activées toute la journée au Parc Girardier de Môtiers pour ériger stands, tente, scène, château gonflable… et brasser la soupe aux pois, sans interruption depuis 9 h sous le cagnard, « parce que si on arrête, ça colle et c’est foutu ».

La soupe est proposée « à votre bon cœur », mais en général « les gens donnent plus que si on la faisait payer », rigole le jeune homme aux commandes, aussi transpirant qu’enthousiaste.

Elle est émouvante, cette jeunesse, qui se mobilise pour proposer un programme fédérateur, entre musique folklorique et dj, sous la présidence de Maxime Aubert, lessivé par le début d’une école de recrue caniculaire. Il peaufine les derniers détails, et ils sont nombreux. « C’est en écrivant mon discours que je me suis dit… zut, on a oublié de mettre des poubelles. »

Sans feux et sans regrets

18 heures. Des notes de yodle s’envolent, le cor des Alpes résonne, les premiers habitants s’installent le long des grandes tablées. Pas de feu d’artifice ? « Franchement, avec les forêts aussi sèches, on n’allait pas prendre ce risque pour dix minutes de spectacle », glisse une jeune femme.

Sarah Fuchs-Rota, présidente du Conseil communal, appuie : « Là, il y a une priorité à nos espaces publics, à la biodiversité. Dans la balance des risques, c’est assez vite réfléchi. Tout le monde en est bien conscient. Il y a des agriculteurs qui doivent abattre leurs bêtes à cause de la sécheresse, je pense qu’il y a d’autres problèmes que celui de maintenir les feux d’artifice ».

Avant de jeter un regard autour d’elle et de sourire : « Là, les gens ont l’air content. Plein d’habitants nous ont dit qu’ils soutenaient cette décision. Et sur les réseaux sociaux, la majorité des commentaires va dans ce sens. »

Le mystère du steak vigneron

Les discours officiels s’égrènent, les verres trinquent et, ouf !, les grils ont survécu aux restrictions. Des effluves de viande grillée flottent dans l’air quand les fanfares réunies, 40 musiciens, entonnent l’hymne national.

Débat nourri autour de la composition du steak vigneron qui garnit le très populaire burger « Mac Moissons ». Chacun y va de son idée. « Un ami boucher m’a assuré qu’il valait mieux ne pas savoir ». « En tous cas pas du filet de bœuf ! » Ça rit, ça débat et ça se régale. « On s’en fout. C’est bon, pis c’est tout. »

Un spectacle inattendu

Au-dessus du parc à l’herbe jaunie par la canicule, le ciel se fait menaçant. Premières gouttes, tout le monde court sous la tente principale, musiciens compris. Moment suspendu, chaleur humaine, mais pas que…

La pluie cesse, tout le monde ressort. Concert de jazz magistral d’Ernestine Mermet et son band. Orage encore. Tout s’arrête. Tout le monde s’abrite. Puis ressort. « On l’attendait depuis tellement longtemps, cette pluie. Elle fait partie de la fête ! », s’exclame un habitant, hilare.

« Alors c’est vrai… y aura pas de feux ? », demande une fillette, déçue à son papa. « Mais oui, regarde. »
Un éclair déchire le ciel, suivi d’une puissante explosion.

Ce 31 juillet, le spectacle fut inattendu mais offert gracieusement par sa majesté la Nature. Et par cette chaleur singulière et caniculaire des habitants du Vallon. Vivement l’année prochaine.

Esther Freiburghaus

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