Conseil général de Val-de-Travers
Rénovation immobilière et achat foncier acceptés en une heure
Lundi soir, lors d’une relativement brève séance, le Conseil général de Val-de-Travers a validé une demande de crédit de 250’000 francs pour la rénovation d’un appartement à Môtiers, ainsi que 310’000 francs pour l’achat d’une parcelle à Buttes qui devrait devenir une zone d’activité économique.
Expéditive, voilà l’adjectif qui pourrait qualifier la séance du législatif de la commune de Val-de-Travers, lundi soir. Les huit points de l’ordre du jour furent parcourus en une heure pile, un temps qui tient peut-être des annales. Les deux points les plus importants de cette séance relevaient du patrimoine immobilier et foncier de la commune. En premier lieu, le Conseil communal soumettait une demande de crédit de 250’000 francs pour la réfection d’un appartement, propriété communale, dans l’immeuble des Marronniers 14 à Môtiers.
Comme l’exposait le rapport de l’exécutif, et l’a souligné Yann Klauser en charge du dicastère des infrastructures (DI), cet appartement n’a pas été l’objet de véritables travaux depuis plus de trois décennies et ne peut être mis en location en l’état actuel. « Un état vraiment vétuste », a noté le conseiller communal en détaillant que cette rénovation aura pour objectif de réagencer les 3 pièces du logement et de le faire correspondre aux standards actuels. Si tous les groupes politiques s’accordaient sur la nécessité de cette rénovation, le PS et le POP ont tout de même questionné cette longue période sans entretien et la stratégie locative de la commune. Le PLR a exprimé son désir que le loyer, après réfection, soit indexé « au prix du marché ».
Nécessité fait presque unanimité
En réponse à ces interpellations, le chef du DI a indiqué que lacommune opérait « des mises à niveau » régulières de son parc immobilier, mais qu’il n’était, en effet, pas très « proactif ». « Nous essayons de gérer notre trentaine d’appartements de manière pragmatique », a expliqué Yann Klauser. Quant à la stratégie locative, le conseiller communal a reconnu qu’aucune ligne claire n’était définie, mais que le sujet avait déjà été abordé dans son dicastère et que la mise à disposition de logements à loyer modéré faisait partie des préoccupations communales. Néanmoins, il a précisé que le futur loyer de cet appartement n’était pas encore fixé définitivement. Soumis au vote, le crédit fut accepté à l’unanimité, moins une abstention.
L’autre point relatif au patrimoine, cette fois foncier de la commune, concernait l’achat, pour 310’000 francs, d’une parcelle de 14’745 m2 du cadastre de Buttes en passe d’être affectée en zone d’activité économique (ZAE). « La commune a été contactée par l’Office cantonal des faillites pour une éventuelle offre sur cette parcelle », a expliqué Benoît Simon-Vermot. Le responsable du dicastère de l’administration, de l’économie et de la protection de la population (DAEPP) a relevé que celle-ci était très intéressante en raison de son changement d’affection, et que, une fois équipée, elle pourrait être revendue, ce qui couvrira l’intégralité des frais engagés. Là aussi, la grande majorité des groupes ont salué la volonté de l’exécutif. « Cela permet à la commune de jouer un rôle actif dans le développement économique de notre région », a reconnu Sébastien Burri pour le PLR. Le popiste Philippe Vaucher a qualifié cet achat de « véritable opportunité ». « Ce sont 310’000 francs très bien investis ! », a-t-il conclu.
« Une vraie chance à saisir »
Pour les mêmes raisons, le PS soutenait la proposition. « Une belle vision de développement de la commune », a souligné le socialiste Emil Margot, en rappelant le projet du Site Dubied à Couvet voté dernièrement. Agora apportait aussi un soutien à condition de « ne pas laisser se construire n’importe quoi ». L’unique opposition est venue de l’UDC, par la voix de Loïc Frey. Si l’élu agrarien a convenu qu’il s’agissait « d’une belle opportunité », il trouvait la démarche problématique, arguant que le public ne devait pas faire concurrence au privé et que le rôle d’une commune n’était pas celui « d’un agent immobilier ». « Elle devrait juste agir comme facilitatrice », a-t-il jugé, en ajoutant qu’il n’y avait pas « forcément » un besoin d’attirer une grande entreprise qui n’apporte que peu de choses à la vie locale.
Pour le conseiller général UDC, une autre voie aurait pu être trouvée avec un partenariat public-privé. Le chef du DAEPP a répondu que Val-de-Travers n’avait presque plus de terrains ZAE « en mains propres », alors que les demandes existent. Deux parcelles à La Léchère à Couvet sont, par exemple, déjà réservées par une société qui devrait s’y installer courant de cette année. « C’est une vraie chance à saisir pour la commune et sa politique économique », a noté Benoît Simon-Vermot, en estimant que cette parcelle ne verra pas nécessairement l’installation d’une grande entreprise. « Cela pourra être des PME ou des artisans, nous sommes conscients du tissu économique local ». Finalement, l’achat de la parcelle fut accepté par 31 oui, 4 non et 2 abstentions.
Gabriel Risold



Fabien Chapatte, agent général et Eric Sivignon, conseillé communal de Val-de-Travers
Photo archives 2024