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L’alpinisme himalayen à l’honneur
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25 septembre 2026

Cinéma Colisée

L’alpinisme himalayen à l’honneur

Le 2 octobre prochain, le cinéma Colisée de Couvet proposera une soirée spéciale autour de l’alpinisme avec la projection du documentaire « Expédition suisse Himalaya Lhotse Shar, 1981 ». Le Vallonnier Jean-Claude Thiébaud était l’un des cameramen de cette expédition et sera présent pour présenter ce film.

Jean-Claude Thiébaud au camp de base, à 5200 m d’altitude. 45 ans déjà...

Fin août 1981, une expédition suisse, composée de 14 personnes, dont des grimpeurs, des photographes-caméramens et des chercheurs en physiologie du l’Université de Genève, quitte la Suisse en direction du Népal pour passer trois mois dans la région du Lhotse, quatrième plus haut sommet du monde, culminant à 8516 mètres. L’objectif des scientifiques : étudier les facteurs du corps humain limitant les capacités en haute altitude. Celui des alpinistes : atteindre le Lhotse Shar, second sommet, à 8383 mètres, de cette montagne faisant face à l’Everest. Une fois cette étape atteinte, l’équipe devait tenter la traversée de l’arête reliant les deux pointes à plus de 8000 mètres d’altitude, une première pour cette voie inédite. Pour l’histoire, la première ascension du Lhotse date de 1956 par une cordée suisse.

Parmi eux, il y avait un Vallonnier féru d’alpinisme, Jean-Claude Thiébaud. « Depuis mes vingt ans et la découverte durant mes études à Genève de la varappe sur le Salève, je suis un passionné, j’ai attrapé le virus », relate-t-il. Dans cette expédition, Jean-Claude Thiébaud était derrière la caméra avec pour rôle, notamment, de filmer les séquences d’ascension, en tant qu’alpiniste aguerri. « En 1980, j’avais fait un petit film en Super 8 lors d’une expédition au Pérou, mais juste pour le souvenir », se souvient-il, en avouant que cette brève expérience lui a permis de participer au projet himalayen. En effet, le premier cameraman et photographe professionnel, Henri Rossier, n’était pas alpiniste.

Les moyens d’il y a 45 ans

Vendredi prochain 2 octobre, c’est le récit filmé de cette expédition de 1981 qui sera projeté au cinéma Colisée de Couvet, en présence de Jean-Claude Thiébaud. « Je ne suis pas le réalisateur de ce film, celui-ci est François Jaquenod de la TSR. Mais nous l’avons conseillé, au retour, pour le choix des images », tient-il, humblement, à préciser.

Néanmoins, c’est Jean-Claude Thiébaud qui a vécu cette aventure népalaise de plus de douze semaines entre Katmandou, Namche (village de départ de toutes les expéditions dans l’Himalaya) et le camp de base sud-ouest du Lhotse. « C’était une expédition dite ‹ lourde ›, avec énormément de matériel et d’étapes jusqu’au sommet », relate le Vallonnier. D’autant plus que filmer en montagne, en 1981, n’a rien d’évident. « De lourdes caméras 16 mm à l’épaule, des trépieds, des bobines de pellicule à changer, etc. Et nous ne pouvions pas voir les images tournées. Ce n’est que de retour en Suisse que nous avons pu constater le résultat », poursuit Jean-Claude Thiébaud, en soulignant que cela est incomparable avec les moyens actuels.

Enseignant à la retraite, l’alpiniste amateur de Fleurier, qui peut être fier d’avoir « presque tous les 4000 de Suisse » à son palmarès, détaille aussi toutes les différences qu’il existe aujourd’hui dans l’équipement : de la simple tente aux masques à oxygène, en passant par les vêtements. « Cela n’a plus rien à voir, désormais tout est plus léger, plus technologique », estime l’ancien alpiniste de 77 ans.

D’ailleurs, Jean-Claude Thiébaud regarde avec une certaine déconcertation l’alpinisme himalayen d’aujourd’hui, fait d’allers-retours en hélicoptère jusqu’à Katmandou, de tentes VIP et d’ascensions « clé en main ». « C’est de la folie ! Lorsque l’on voit cela, on comprend que cela n’est plus possible. Le camp de base de l’Everest est devenu un village. Et c’est un sherpa par client », se désole-t-il quelque peu. Lui se rappelle qu’en 1981, cette expédition était « le but d’une vie » et que les membres avaient « plongé » dans l’esprit himalayen durant 12 semaines.

Une fin dramatique

Ces semaines au plus près du toit du monde ont été les seules de Jean-Claude Thiébaud. En effet, le destin réservera une fin tragique à cette expédition visant une nouvelle voie vers le Lhotse, par son sommet secondaire. « Le début démontrait peu de difficultés, mais la traversée entre les deux sommets était très compliquée », explique-t-il. Le 16 octobre, alors que Jean-Claude Thiébaud est au camp III pour s’acclimater à l’altitude avec le chef d’expédition avant l’ascension finale, il apprend la disparition de deux des six alpinistes et sherpas, partis à l’assaut du sommet du Lhotse Shar.

Devant cette double perte, l’expédition s’arrête un peu brusquement et plus aucun membre ne tentera le sommet. « Je devais aller ce jour-là au camp IV, le dernier avant le sommet. Au vu de ma condition, je pense que j’aurais réussi, mais après ce drame, cela n’était plus important », avoue Jean-Claude Thiébaud. Comble du mauvais œil, dans la marche de retour à Namche, le chef d’expédition, Jo Fauchère, chutera mortellement aussi. « Tout cela m’a un peu refroidi », avoue le Vallonnier qui mettra la montagne un peu de côté par la suite en privilégiant la vie de famille. « Mais, je suis retourné dans la Cordillère des Andes en 1988 quand même », reconnaît ce passionné de montagne. Si les mythiques montagnes himalayennes vous font rêver, si la montagne vous passionne, si l’alpinisme vous fait fantasmer, alors rendez-vous le
2 octobre prochain au Colisée.

Gabriel Risold

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