Arrêt cardiaque fatal au Vallon
Une « First Responder » témoigne d’une réalité méconnue
Récemment, un habitant vallonnier a malheureusement succombé à un arrêt cardiorespiratoire (ACR) alors qu’il s’apprêtait à monter dans un bus. Malgré les bons réflexes du chauffeur et l’arrivée rapide de « First Responders » et des secours, l’homme n’a pas pu être ramené à la vie. Ce fait dramatique met en lumière un constat peu connu de la population : une seule personne victime d’un ACR sur vingt échappe à la mort. Ou si vous préférez, 19 arrêts cardiaques sur 20 sont fatals. Comme ce fut le cas dernièrement au Vallon. Une « First Responder » présente lors de l’intervention témoigne !
Tout commence par une scène banale de la vie quotidienne, *Thaïs rentre chez elle vers midi lorsqu’elle reçoit une alarme de l’application « First Responders » : « Un arrêt cardiorespiratoire est annoncé dans mon village. Je décide donc de valider l’urgence comme je suis à l’entrée du village. À ce moment-là seulement, l’application me communique l’endroit précis de la personne qui en est victime. Je suis arrivée sur place en une à deux minutes », explique cette infirmière.
Une minute qui passe = 10 % de chance de survie en moins
« First Responders » est une application regroupant des bénévoles capables de dispenser les premiers gestes de réanimation et de défibrillation avant l’arrivée des secours professionnels. Basé sur la proximité géographique, ce réseau permet de gagner de précieuses minutes. C’est tout sauf un luxe lorsque l’on sait que chaque minute qui passe diminue de 10% les chances de survie d’une victime d’ACR. « Il faut pouvoir être sur les lieux entre 1 à 5 minutes pour que cela soit utile. » Chaque « First Responder » du canton peut personnaliser les paramètres d’alarme pour être averti uniquement des urgences qui se trouvent dans un secteur restreint autour de chez lui. « Il peut aussi décider des jours et des heures auxquels il est disponible. »
Son arrivée sur les lieux : observer, agir et se renseigner
Comme tous ses comparses bénévoles, Thaïs est dotée d’un kit d’intervention muni notamment de gants et d’un masque de réanimation de poche (pour pratiquer le bouche-à-bouche de façon hygiénique). Une fois sur place, le plus dur reste à faire : « Quand je suis arrivée sur le lieu de l’arrêt cardiorespiratoire, j’ai constaté que je connaissais l’homme à terre. Le chauffeur de bus avait heureusement commencé le massage cardiaque. J’ai d’abord veillé à ce que l’environnement autour soit sécuritaire – ce qui était le cas, la police neuchâteloise étant déjà sur place – avant de prendre le relais. » D’autres « First Responders » sont arrivés, de sorte qu’un système de relais a pu être mis en place pour les gestes de réanimation.

Débriefing et échange autour de son état émotionnel
« Avec l’adrénaline, les souvenirs sont un peu flous », affirme Thaïs. Les secours (Smur et ambulance) ont dû arriver 5 à 10 minutes plus tard. J’ai continué à masser selon leurs indications.
Malgré tous les efforts des intervenants (intubation, pose de voie veineuse,…), l’homme n’a finalement pas survécu. « Le décès a été prononcé environ 40 minutes après l’alarme. Malheureusement, aucun choc électrique n’a pu lui être administré car le cœur était en état d’asystolie (absence d’activité électrique cardiaque). » Le soir de l’intervention, Thaïs a été contactée par l’équipe de « First Responders » pour un débriefing, une discussion sur son état émotionnel ainsi qu’une proposition de mise en contact avec un psychologue (qu’elle a refusée). « Même si j’y repense de temps en temps, je vais bien car je sais que nous avons tout tenté pour le sauver ». Dans le canton, une personne est victime d’un ACR tous les 2 à 3 jours, ce qui souligne encore plus l’importance de ces héros du quotidien !
*Prénom d’emprunt
Kevin Vaucher







