Zones 30 km/h : une mesure qui mérite d’être remise en question
Les zones limitées à 30 km/h se multiplient dans nos villes et nos villages, au nom de la sécurité et de la qualité de vie. Pourtant, leur généralisation soulève de légitimes interrogations quant à leur réelle utilité et à leurs conséquences sur la circulation.
Rouler à 30 km/h sur certains axes résidentiels, à proximité des écoles ou dans des secteurs présentant des risques particuliers, peut se justifier. En revanche, imposer cette limitation de manière systématique, y compris sur des routes où la visibilité est bonne et où les conditions permettent une circulation fluide, semble disproportionné.
À ces limitations s’ajoutent parfois des aménagements tels que des bacs à fleurs, des pots, des obstacles ou des rétrécissements de chaussée.
Présentés comme des moyens de ralentir les véhicules, ils peuvent aussi compliquer les croisements, créer des ralentissements inutiles et engorger davantage le trafic, notamment aux heures de pointe. Est-ce réellement la meilleure manière d’améliorer la mobilité au quotidien ?
Une autre question se pose : à force de multiplier les restrictions, les contrôles et les possibilités de verbalisation, comment éviter que les automobilistes aient le sentiment que la priorité est donnée aux sanctions plutôt qu’à la sécurité ? Sans prétendre que les recettes des amendes constituent l’objectif de ces mesures, cette impression mérite d’être entendue et dissipée par davantage de transparence.
La sécurité routière est essentielle, mais elle ne doit pas devenir un prétexte à des limitations généralisées sans évaluation sérieuse de leur nécessité. Chaque zone devrait être étudiée selon sa configuration, son trafic et les risques réels. Des mesures ciblées, cohérentes et proportionnées seraient bien plus acceptables pour la population.
Il est temps que les autorités réévaluent certaines zones 30 km/h et leurs aménagements, en tenant compte aussi bien de la sécurité que de la fluidité du trafic. Les citoyens méritent des décisions fondées sur des résultats concrets, et non des restrictions qui donnent le sentiment d’être imposées sans réelle justification.
Alexandre Einaudi, Fleurier



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