Fête des fontaines
À Buttes, les traditions coulent de source
Pourquoi donc les enfants de Buttes décorent-ils les fontaines du village dans l’après-midi du 12 septembre ? Certainement pas pour donner à leurs parents et voisins une excuse pour faire la fête. Ils sont la cheville ouvrière d’une commémoration vieille de 212 ans que seule leur localité et celle de Môtiers continuent à honorer.
Le 12 septembre 1814, le canton de Neuchâtel est accepté, par la Diète fédérale, pour entrer dans la Confédération. Cependant, le roi de Prusse reste propriétaire du canton et interdit toute festivité ce jour-là. Les Vallonniers, fidèles à leur esprit révolutionnaire, détournent l’interdit en choisissant de magnifier les fontaines. Ce choix, parfaitement neutre, est logique puisqu’il en existe, au minimum, une dans chaque commune. De plus, l’excuse est toute trouvée, on honore le liquide qui jaillit dans les bassins. Et comme au Vallon, les interdits, on les distille, eh bien il faut de l’eau !
Un cortège, emmené par la fanfare de Saint-Sulpice, s’est promené de quartier en quartier pour découvrir les diverses décorations sous les goulots. Quelques parents ont certainement aidé leur progéniture afin que le résultat soit conforme à leur projet. À mesure que le petit train progressait dans les ruelles, plusieurs wagons se sont accrochés et ce sont finalement une centaine de personnes qui ont admiré les 11 fontaines sur les 13 que compte le village. Une est trop loin pour se greffer à la fête et la dernière n’a pas reçu de décoration.
Arrivée à la place du 12 septembre, la foule a patienté une vingtaine de minutes avant de se donner la main pour former un énorme cercle autour du grand bassin. Toutes les catégories d’âge ont alors participé à un cacophonique, mais sympathique Picoulet qui est aussi indissociable de la tradition.
Les Butterans étant des gens bien organisés, la manifestation a profité de la tente dressée pour la Fête du sel. Le fait de revoir les mêmes sourires œuvrer pour sustenter les clients, à une semaine d’intervalle, met le doigt sur un point crucial pour la pérennité de la commémoration, y aura-t-il toujours une société pour tenir la cantine ?
Jean-Marc Montandon







