Fête des fontaines de Môtiers
La nuit où les fontaines s’animent…
De mémoire de Môtisans, rarement Fête des fontaines n’avait réuni autant de monde. Sous un ciel inhabituellement étoilé, flambeaux et fontaines ont scintillé jusqu’au clou du spectacle, un Picoulet géant aussi joyeux qu’émouvant.
L’entrée des artistes
Chaque 12 septembre, depuis 1814, alors que la nuit tombe, une curieuse procession anime les ruelles de Môtiers. À la lueur des flambeaux, fanfare, écoliers et habitants déambulent de fontaine en fontaine, chacune « couronnée » par son quartier.
Tableaux, dessins et autres bougies honorent le thème de cette édition, « Artistes », clin d’œil à Art Môtiers, dont les visiteurs se fondent avec délice dans le folklore local.
Une fontaine dans la tempête
Et chaque 12 septembre, à l’approche de la rue de la Forge, le cortège ralentit. Rémy Rota et ses voisins rivalisent chaque année d’imagination pour faire rêver petits et grands.
Et personne n’est déçu. Un gigantesque bateau surmonté d’un pirate tangue sur une mer agitée, activé par un ingénieux mécanisme relié à une roue de vélo. Avec sons et lumières, s’il vous plaît.
« On bosse dessus depuis deux jours parce que, sinon, personne ne le fait. Il y a de moins en moins d’enfants dans le quartier », témoigne Rémy, pour qui c’est d’abord une affaire de transmission. « J’ai 70 ans et je décore les fontaines depuis que j’en ai 5. »
Picoulet géant, comme une transe
Le cortège reprend jusqu’à son point d’arrivée : la fontaine qui se dresse à l’entrée de la Grande Rue. Là, une foule compacte entonne le Picoulet. Du doigt, du doigt… « C’est comme une transe », souffle une femme.
Cette fête, pied de nez au roi de Prusse il y a plus de 200 ans, était autrefois célébrée dans de nombreux villages du canton. Seuls Buttes et Môtiers l’ont précieusement conservée. Peut-être parce qu’ici, le folklore, c’est un peu plus que du folklore : un élément de cohésion, un moment de communion, même.
Esther Freiburghaus








