Art contemporain
Aux Six-Communes, des « Fées vertes » sont chez elles
Depuis juin dernier, la galerie Vision suisse propose au public sa nouvelle exposition d’art contemporain aux Six-Communes à Môtiers. Intitulée « Fées vertes », celle-ci présente les œuvres de quatorze artistes inspirées par le nom poétique de l’absinthe.
Dans la salle à manger du restaurant des Six-Communes de Môtiers, elles ne passent pas inaperçues. Elles, ce sont les œuvres de la nouvelle exposition hors les murs de la galerie Vision suisse, normalement sise à Neuchâtel. « Une galerie doit aussi aller au-devant du public et, grâce à Guillaume Toupance (ndlr : le propriétaire des Six-Communes), c’est idéal de le faire ici dans un lieu qui n’est pas uniquement un restaurant, mais une bâtisse historique », explique Nicolas Fiquet, codirecteur de cette jeune galerie d’art contemporain et par ailleurs ancien conservateur-adjoint du Musée Rousseau. Comme le rappelle sa collègue, Angela Baltensberger, leur galerie avait déjà collaboré avec le restaurateur en exposant à l’Hôtel DuPeyrou, autre établissement de Guillaume Toupance. « Nous avons été ravis de son invitation », note-t-elle.
Pour cette nouvelle exposition nommée « Fées vertes », les deux galeristes ont proposé à quatorze de leurs artistes, connus ou moins connus, suisses ou travaillant en Suisse, de créer une œuvre autour du surnom poétique de l’absinthe. « C’est un thème évidemment très lié au Val-de-Travers, mais aussi à l’histoire artistique », poursuit Nicolas Fiquet, en soulignant l’image de l’absinthe comme « boisson des poètes, des écrivains ou des peintres ». Et le résultat est pour le moins très éclectique. « Chaque artiste a donné sa vision de la fée verte », relève Angela Baltensberger, en ajoutant que ces œuvres « renouvellent » l’imaginaire autour de ces deux mots.
Dans l’effervescence estivale de Môtiers
Les deux galeristes ont chacun leurs petits « coups de cœur ». Pour Angela Baltensberger ce serait les deux œuvres de Namsa Leuba, photographe suisso-guinéenne et originaire du Vallon, ou la toile de l’artiste genevoise Carine Bovey, mettant en scène trois fées nues dansant comme suspendues dans les airs. « Il y a presque une ambiance de sabbat », ajoute Nicolas Fiquet. « La frontière entre fée et sorcière est poreuse ». Ce dernier apprécie lui l’œuvre du Neuchâtelois Renaud Loda, partisan du mouvement artistique de « l’appropriationnisme » (soit s’approprier une œuvre en justifiant que la copie est plus forte que l’original) qui a repris une œuvre d’un autre Neuchâtelois, Olivier Mosset. « Dans sa volonté de se réapproprier une œuvre, Renaud Loda a poussé la démarche jusqu’à trouver un homonyme d’Olivier Mosset et le faire cosigner l’œuvre », explique Nicolas Fiquet.
À l’étage du bâtiment, d’autres travaux des artistes présentés au rez sont également exposés, pour un total d’une cinquantaine d’œuvres. « Il y a une confrontation avec l’historique des lieux et parfois une résonance comme avec des graffitis sur les murs », jugent les galeristes, en ajoutant que l’exposition est très éloignée du « white cube » (cube blanc) d’une galerie d’art contemporain. « Cela fonctionne bien » déclare Nicolas Fiquet. D’autant plus que l’exposition bénéficie de l’émulation créée par Art Môtiers. Les deux galeristes estiment ne pas faire de concurrence à l’événement, mais pensent apporter une petite chose en plus. « Nous nous inscrivons dans l’effervescence générale de cet été à Môtiers », sourient-ils. L’exposition est accessible selon les horaires du restaurant, les galeristes étant présents pour tous renseignements, et est visible jusqu’au 20 septembre prochain.
Gabriel Risold




Nouveau conservateur-adjoint du MRM, Loïc Beck a fait visiter au Courrier du Val-de-Travers hebdo la petite exposition des pièces du musée à la Noctule, à Champ-du-Moulin, à côté d’une autre « Maison Rousseau » que celle de Môtiers