Framboise nomade
La chatte star des réseaux sociaux en escale au Vallon
Sur les réseaux sociaux, elle s’appelle « Framboise nomade », suivie par plus de 100’000 personnes. Avec son maître, le Franco-Suisse Norman Von Schmeling, cette chatte de 7 ans parcourt, depuis 2024, la France et la Suisse à pied, avec une simple charrette. Une aventure qui les a conduits la semaine dernière au Vallon. Interview (de son maître, pas du chat…).
Bonjour Norman, bonjour Framboise ! Comment allez-vous ?
Très bien. On vient de quitter le Val-de-Travers. On s’approche de Sainte-Croix.
Comment êtes-vous arrivés au Val-de-Travers ?
On n’a aucun itinéraire. Je sais juste que je dois aller à Genève et, chaque jour, j’avise. Et là, je n’avais plus de croquettes. À Travers, un monsieur nous a dit d’aller en acheter à Couvet. Arrivé là-bas, on m’a annoncé : « C’est déjà réglé. »
Il les avait payées pour nous ! C’est ce qui m’a le plus marqué, ici. Les gens sont incroyablement gentils. À Môtiers, une dame qui nous suit sur les réseaux m’a indiqué une petite cabane où nous abriter. Le temps d’y arriver, immense orage : le ciel nous est tombé sur la tête ! Mais on avait un toit pour la nuit, c’était parfait.
Donc tu as prolongé ton escale au Vallon…
Absolument ! On s’est promenés de village en village, jusqu’à la Robella. Je me suis arrêté par hasard près d’une fontaine. Dingue ! C’était une fontaine à absinthe. Alors j’ai honoré les traditions locales… Après, on est restés sur les hauteurs, à admirer la vue sur la vallée. En fait, le Val-de-Travers, c’est vraiment un microcosme, niché dans ses montagnes. Je trouve que ça représente bien la Suisse.
Comment voyage-t-on à pied avec un chat ?
Framboise est libre. La charrette est toujours ouverte : elle entre et sort quand elle veut. Je ne mets la longe que près des habitations ou lorsqu’il y a des chiens. Elle marche généralement deux à quatre kilomètres par jour et, quand elle est fatiguée, elle retourne se coucher dans la charrette. En fait, c’est moi qui vis à son rythme.
Cette aventure est née dans une période plus difficile de ta vie…
Oui. Après le Covid, je ne savais plus vraiment où j’en étais professionnellement. J’avais envie d’être dehors. On se promenait souvent dans le quartier et, un jour, Framboise a emprunté un chemin qu’on ne connaissait pas. J’y ai vu un signe : peut-être qu’elle aussi avait envie d’aller voir le monde, les montagnes. Alors on est partis.
Qu’est-ce que cette aventure a changé pour toi ?
Beaucoup moins de stress. Je ne cours plus après le résultat. Mon métier maintenant, c’est de marcher, d’aller parler aux gens, de m’ouvrir au monde. C’est une source intarissable de satisfaction.
Et la suite ?
On devrait arriver à Genève dans une semaine. Ensuite, la Bretagne, la Normandie. Mais c’est Framboise qui décide. Parfois, elle change d’itinéraire, parfois elle s’arrête. Alors on verra. Une chose est sûre : on continuera de marcher et d’aller à la rencontre des gens.
Esther Freiburghaus






© Service des forêts, Commune de Val-de-Travers
Ticas dit : « TicTic ! » faisant équipe avec Aurélie Bernasconi