Les Travers du Vent
Grandsonnaz : le coup d’envoi d’une industrialisation massive de nos montagnes
La nouvelle est lourde de conséquences. Les ONG environnementales ont renoncé à poursuivre leur combat judiciaire contre le parc éolien de La Grandsonnaz, après le rejet de leur recours par le Tribunal cantonal vaudois. Le projet de 15 machines au Chasseron est désormais sur les rails.
Selon toute vraisemblance, les travaux de La Grandsonnaz débuteront cet automne. Dès lors, le paysage des hauteurs du Val-de-Travers risque de changer irréversiblement. Routes d’accès, plateformes de montage, fondations massives, réseaux électriques, transformateur et machines culminant à des hauteurs vertigineuses : c’est une véritable transformation industrielle de la montagne qui va commencer sous nos yeux.
Et La Grandsonnaz ne serait que le premier acte. Les projets de La Montagne de Buttes, du Mont de Boveresse et du Creux du Van avancent eux aussi rapidement. Au total, quelque 80 éoliennes sont envisagées sur les hauteurs qui entourent le Val-de-Travers. 80 machines, ce n’est plus une simple production d’énergie renouvelable : c’est un bouleversement territorial.
L’expérience vaudoise de Sur Grati, au-dessus de Vallorbe, devrait pourtant servir d’avertissement. Les éoliennes y ont été construites cet été et la population découvre maintenant, grandeur nature, ce que signifie leur présence dans le paysage. Les réactions sont vives et dépassent le cercle des opposants : le sujet s’invite jusque dans les médias.
Car une fois les machines dressées sur les crêtes, les photomontages et les promesses des promoteurs ne tiennent plus face à la réalité. Les éoliennes sont visibles de presque partout, contrairement à ce qui avait été annoncé. Elles s’imposent dans le paysage et dominent désormais notre cadre de vie.
C’est précisément ce que le Val-de-Travers doit éviter : attendre que les machines soient construites pour que chacun découvre, trop tard, leur véritable impact.
Pour Les Travers du Vent, il n’est pas question de laisser les habitants face à un fait accompli. La transition énergétique ne peut pas servir de prétexte à l’industrialisation progressive de nos crêtes et à la transformation de nos paysages en zones industrielles.
Nous ne lâcherons rien. Le combat continue, notamment à travers les deux initiatives fédérales soumises prochainement au vote. À la population suisse de décider si elle accepte que la transition énergétique se fasse au prix d’une défiguration durable de notre pays.
Comm.





