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Le tournage très «scolaire» de Jayel Films
Chroniques
21 août 2026

Culture

Le tournage très «scolaire» de Jayel Films

La semaine dernière, le réalisateur José Luis Segura, ainsi que son équipe de Jayel Films, étaient en tournage dans différents collèges du Val-de-Travers pour leur prochain long-métrage : Le Signal. Le Courrier du Val-de-Travers hebdo était présent au collège de Longereuse.

Mercredi 12 août dernier en fin d’après-midi, alors que la rentrée n’a pas encore eu lieu, le hall d’entrée du collège de Longereuse à Fleurier bruisse pourtant d’activité. L’équipe de Jayel Films production y conclut une longue journée de tournage dans différents lieux du Cercle scolaires du Val-de-Travers pour le film « Le Signal ». Le matin, le réalisateur, José Luis Segura, et ses équipes, ont tourné au collège de Môtiers, pour les séquences « extérieures » et en début d’après-midi, c’est au collège B8 à Fleurier qu’ont été filmées les scènes en salles de classe. « Ces salles sont encore un peu dans leur jus, ce qui nous intéresse », note José Luis Segura, sur le parvis de Longereuse. Visiblement éprouvé par cette journée de tournage, le jeune réalisateur nous indique qu’au collège B8, une vingtaine de figurants étaient convoqués et qu’ils seront plus du double pour les dernières prises de la journée, dans le hall de Longereuse. « Septante personnes sur deux lieux, c’est plus que jamais depuis la création de l’association de production », relève-t-il.

Comme l’explique le cinéaste, la plupart de ces figurants ont été trouvés par le « bouche-à-oreille » parmi les enfants des proches de l’équipe du film et grâce à quelques annonces sur les réseaux sociaux. « Nous avons eu de super retours », relève José Luis Segura. Sa compagne et scénariste du film, Cristina Raccio, est très satisfaite de voir tant de personnes et de jeunes du Vallon souhaiter participer au projet. « Nous sommes plus que contents », reconnaît-elle. En effet, il fallait trouver des jeunes adolescents et adolescentes pour ces scènes d’école, les « camarades » de tous les jours des cinq protagonistes principaux du « Signal » qui sont des jeunes ados. Des personnages principaux absents des scènes tournées ce mercredi-là. « Là, nous filmons l’environnement quotidien de ces personnages, alors qu’ils sont déjà dans leur ‹ chasse au trésor › ailleurs », relate José Luis Segura, en avouant que gérer les mouvements et flux de plus de quarante figurants sera ardu.

Une équipe très familiale

Pour la gestion de tous ces figurants, tous amateurs, et adolescents pour le coup, Jayel Films peut compter sur Andrea Segura, belle-sœur du réalisateur, pour qui l’expérience d’une production de film est une première. « Il y a un briefing de départ avec les figurants, sur leurs positions à avoir et sur ce qu’ils doivent faire, mais il faut aussi leur dire ce qu’ils peuvent faire pour apporter du naturel », explique la responsable figurants du projet. Le matin même, les élèves figurants étaient « presque trop studieux », il a fallu les faire sortir de leur timidité. « Il faut les mettre à l’aise, qu’ils acquièrent la même décontraction que nous avons », insiste Andrea Segura. Avec sa très brève expérience des figurants, la responsable avoue remarquer beaucoup de parallèles entre des adultes et des jeunes, même si ces derniers ont un peu plus d’aisance, comme pour apprendre un texte court.

Surtout, Andrea Segura tient un rôle essentiel dans l’accueil de ceux-ci sur le lieu de tournage, la vérification des contrats et dans la mise en confiance. En effet, chacun des figurants a reçu un contrat de droit à l’image. « Tout est fait de manière professionnelle », précise Andrea Segura. « Nous avons tout expliqué aux parents, comme aussi le besoin de revêtir leur enfant comme dans les années nonante », complète José Luis Segura, ajoutant que cela était un peu leur style de l’époque. Recommandation entendue : les jeunes sont là avec bandanas dans les cheveux, skateboards, vieux t-shirts de rock, walkmans ou encore chemises à carreaux très « grunge ». Tous sont conviés à aller se rafraîchir et se sustenter en coulisses en attendant le début du tournage.
Et dans cette journée interminable de prises, le secret de la production est peut-être là.

Pas Instagram ou TikTok

À la « logistique polyvalente », comme il le dit lui-même, cuisine, boisson, aide technique, il y a Miguel Segura, frère aîné de José Luis. Ses fondants au chocolat ou croissants au jambon ravissent les jeunes figurants arrivant, tout comme ils ont sustenté toute l’équipe du film durant cette longue journée. « Grâce à Miguel, le café est chaud, l’eau est fraîche et la nourriture super bonne », annonce le réalisateur. Le grand frère a cuisiné durant cinq heures, le jour d’avant, pour offrir cet alléchant petit buffet à toute l’équipe du tournage. « J’adore cuisiner donc ce n’est pas un problème », avoue-t-il. « En plus cela fait des économies de budget et c’est du fait maison ». Lui aussi a grandi au Vallon avant de partir pour Bienne puis l’Espagne et Séville. Il est revenu pour six mois et a accepté de se mettre aux « petits soins pour cette équipe ». Et avec les changements de lieux de tournage, ce mercredi-ci, il a dû souvent changer de place. « Il y a eu des trajets, avec pas mal d’allers-retours et de montages et démontages », reconnaît « le logisticien polyvalent ». Mais au-delà de tout, une bonne nourriture permet de créer une bonne ambiance sur le tournage. « Cela permet d’unifier l’équipe, surtout lors de longues journées », admet José Luis Segura dans un dernier moment de relâche avant le début des prises.

Dans le hall de Longereuse, l’équipe du film réunit l’ensemble des figurants. Scénariste, Cristina Raccio leur explique la scène et ce qu’ils attendent d’eux. « Ce n’est pas une vidéo Instagram ou TikTok », lance-t-elle, en les invitant à soigner leur langage (ndlr : qui doit être comme dans les années nonante, soit sans « frère », « wesh », etc.) et en leur rappelant une règle essentielle : « Ne jamais regarder la caméra, cela se voit même au montage ». Autre consigne, que nous respectons aussi, les téléphones sur « mode avion ». Une petite pression se fait ressentir. En scénariste, Cristina Raccio vient donner quelques compléments d’explications à une des figurantes qui sera au centre de la scène : manière d’ouvrir le casier ou de quelle main saisir les livres. À côté, une autre adolescente se demande « comment on agit lorsque l’on sort de la classe ». Question légitime, alors qu’à l’ordinaire, on n’y réfléchit même pas. Il est presque dix-neuf heures lorsqu’un premier clap est donné et un « action » prononcé, quelques secondes plus tard, caché en coulisses nous entendons un « coupé ». L’ambitieuse scène devra probablement être reprise.

Gabriel Risold

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