Merci, bon vent, bonne retraite
Fin août, « Au Gourmet », si cher à la famille Huguenin, changera de mains. Paradoxal, direz-vous, puisque la tribu vient de s’agrandir d’une génération nouvelle avec l’arrivée de Leandro ! La vie est ainsi faite lorsque la retraite sonne pour les Aînés, c’est l’ensemble des fils du « mobile » familial qu’il convient de rééquilibrer… L’heure des choix !
« La qualité vaut plus que son prix »… Tel était le slogan d’une enseigne aujourd’hui disparue sise de l’autre côté du pont jouxtant la boucherie de la famille Huguenin. Trente années durant, Louis-Zélim et Wilma d’abord, avec Deborah et Kenny, auraient pu non seulement s’attribuer cette « devise » mais encore et surtout la développer. Tant la passion et l’amour du travail bien fait auront constitué le fil rouge de leur activité.
La rumeur couvait depuis plusieurs semaines… Les planètes se sont alignées. À l’heure où la retraite des parents a sonné, Deborah et Kenny se sont dit que leurs parents devaient pouvoir profiter de la vie… Quant à eux deux, en dépit de l’immense plaisir à développer le commerce de leurs parents, ils ont bien entendu vérifié la difficulté du métier. « Oui, comme tous les métiers de bouche, c’est difficile ! Tôt le matin jusqu’à tard le soir, sans compter les fins de semaines. Un souci permanent et beaucoup de pression ! ».
Tous les quatre ajoutent : « Créer du lien, c’est notre quotidien pour durer. On a adoré partager avec toutes et tous ! Avec humour toujours, cela permet de passer agréablement la journée ! ». La richesse des contacts est également relevée. L’apprentissage de la patience, de l’écoute, de l’exigence de chacune et chacun, le respect de toutes et tous, la discrétion. Et encore, prendre le temps de l’échange ! Ce choix d’exercer son activité professionnelle en demeurant soi-même. La passion, disions-nous plus haut… Sans occulter l’éthique, car lorsque la famille Huguenin lance « On ne vend que ce que l’on aime manger ! », on comprend mieux encore le succès de cette « petite entreprise familiale ».
Donc, non, Leandro ne reprendra pas la boucherie « Au Gourmet ». Du moins, pas immédiatement… Pour sûr, on continuera de le voir, tout comme ses grands-parents, sa maman et son oncle. Au Val-de-Travers, inscrits un jour, inscrits toujours !
Sans rien dévoiler, même le secret est de l’ordre du polichinelle, s’il existait près d’une dizaine de commerces de viande, à Fleurier, il y a un siècle, et qu’il en reste trois aujourd’hui, il n’en existera plus que deux dès le 1er septembre, peut-être dans trois lieux…
La rédaction




© Priscilla Krebs pour le Cercle scolaire de Val-de-Ruz


Kiara et Lucile Philipona et Vickie Alves