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Dix doigts et un clavier
Chroniques
3 juillet 2026

Récital Chopin

Dix doigts et un clavier

Samedi dernier, le grand salon du château d’Ivernois à Môtiers a accueilli la pianiste neuchâteloise Véronique Gobet. L’endroit est idéal pour un tel moment d’intimité cher au compositeur polonais. L’hôte, Franz Felder, a défini le terme « récital » comme la mise en lumière de l’interprète.

La virtuose Véronique Gobet ne s’est pas contentée de caresser ou martyriser les touches blanches et noires, elle a pris le temps d’expliquer chaque morceau.

Cette démarche a permis aux non-initiés de mieux appréhender le langage harmonique qui est la grammaire de la musique. À la performance technique s’ajoute un réel effort intellectuel. Chaque récital étant unique en fonction du lieu, du piano et des auditeurs, celui-ci restera spécial pour Véronique Gobet qui a découvert une salle parfaite et un accueil plus que chaleureux.

Un tonnerre d’applaudissements a grondé de longues minutes tant les auditeurs éprouvaient du plaisir.

Après les dernières poignées de main, la virtuose a accepté de répondre à quelques questions.

Pourquoi Chopin et les autres compositeurs n’ont-ils pas fait d’émules ? « Plus de compositeur ». Pour elle, la raison est due à l’évolution du mode de vie qui a fait disparaître les moments où les ouvriers chantaient en travaillant et ceux où les femmes tournoyaient lors des bals. La musique folklorique a inspiré plusieurs compositeurs romantiques. « Elle a un rythme quasi animal qui martèle le pas et offre un tempo propice au chant ». La musique classique regroupe celles qui vont de la musique médiévale européenne à l’actuelle musique contemporaine. Certains auteurs préfèrent l’utilisation du terme « musique savante » pour évoquer sa complexité. Contrairement aux compositions populaires qui se transmettent par les chants, la savante voyage grâce aux partitions.

Blessures

Un pianiste peut-il se blesser ? « Oui, il s’agit principalement de tendinites provoquées par une technique défaillante et une mauvaise osmose avec le piano. Le contact avec l’instrument doit être sensuel pour exprimer la plénitude de l’œuvre. Jouer avec tout son corps est stimulant et non fatigant ».

Jean-Marc Montandon

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