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Début de saison satisfaisant pour le tiers-lieu du...
Chroniques
29 mai 2026

Maison de l’industrie

Début de saison satisfaisant pour le tiers-lieu du patrimoine industriel

À Noiraigue, la Maison de l’industrie vit le premier printemps de sa première saison « officielle ». L’institution associative, qui vise à mettre en valeur le patrimoine industriel de la région tout en étant un « tiers-lieu » pour la population et les touristes, est heureuse de ces débuts mais souhaiterait un plus grand soutien bénévole.

L’atelier de Léopold Bourquin, entièrement remis en fonction à Noiraigue

En ce dimanche de week-end de Pentecôte, il fait beau et chaud, lorsque nous nous présentons à la Maison de l’industrie, la Madi, à Noiraigue. Les touristes, en majorité suisses alémaniques, sont nombreux le long de la rue des Tilleuls, route menant de la gare vers les gorges de l’Areuse ou les chemins conduisant au Creux du Van. Sur le perron, Daniel Huguenin-Dumittan donne quelques indications pratiques sur une carte à un groupe de marcheurs visiblement résolus à découvrir les gorges. « Et ne laissez pas votre voiture, sinon cela coûtera 40 francs », prévient l’homme à la tête de la Madi.

La Madi, c’est cet espace qui est dédié au génie industriel du Val-de-Travers, au travers de ses entreprises phares, comme Dubied, et de ses « paysans-horlogers », comme le dit Daniel Huguenin-Dumittan, tel Léopold Bourquin. Son atelier est d’ailleurs le nouvel espace de la Madi. L’atelier de l’horloger y est reconstitué, avec bibliothèque, machines et établi. « C’était un véritable inventeur, créant ses propres machines pour fabriquer ses pièces », détaille le fondateur de la Madi, en précisant que Dubied n’est pas le seul nom à avoir fait rayonner le Vallon. En effet, dans la bouche de Daniel Huguenin-Dumittan, la liste est longue : Dubied, bien sûr, mais aussi Francillon, à l’origine de Longines et ayant fait un apprentissage au Val-de-Travers, Bovet, Berthoud, etc. « Tous des noms ayant fait leurs armes ici ! », complète le passionné du patrimoine.

Un « destin industriel » à mettre en valeur

C’est pour cet héritage que se bat Daniel Huguenin-Dumittan avec « sa » Madi, qui vit sa première saison d’activité complète. Celle-ci a été lancée le 14 mars dernier avec un défilé de mode à espaceVal, avec des confections réalisées sur des machines à tricoter Dubied. « 400 personnes présentes, c’était parfait pour débuter ! », convient-il. Toutefois, ce dernier regrette une certaine « modestie » de la vallée à parler de ce passé. « Notre Vallon a, certes, un caractère pudique, mais sa position, voie de communication inévitable, a fait qu’il a eu un grand destin industriel et commercial », relève-t-il, en exhortant les Vallonniers à être plus fiers de ce patrimoine. Fleuron de celui-ci, l’entreprise de machines à tricoter Dubied est au centre de la Madi et des locaux subsidiaires à Couvet. « À Noiraigue, nous exposons les machines, à Couvet, nous les faisons fonctionner », déclare Daniel Huguenin-Dumittan.

Ainsi, grâce à l’aide de plusieurs anciens mécaniciens de la société Dubied, la Madi a réussi à remettre en route des métiers à tisser de l’entreprise. «Des personnes de Suisse allemande viennent même prendre des cours dans nos locaux pour les utiliser », se réjouit Daniel Huguenin-Dumittan, en soulignant que les machines Dubied sont, encore aujourd’hui, d’une incroyable modernité.

« Nous ne conservons pas, nous restaurons ! », avance-t-il. D’ailleurs, des machines Dubied, Daniel Huguenin-Dumittan pourrait aller en chercher à travers « toute l’Europe ». Seuls manquent le temps, le financement et le nombre de bénévoles.

Des WC comme attrait

Justement, c’est un appel que la Madi souhaite envoyer à la population, et aux passionnés qui apprécient l’histoire industrielle du Val-de-Travers. « De nouveaux membres ou des bénévoles seraient, évidemment, les bienvenus », note son fondateur. Cela permettrait de plus larges plages d’ouverture au public et un meilleur accueil des visiteurs. Pour l’instant, Daniel Huguenin-Dumittan se dit satisfait des débuts. « Les visiteurs sont là et nous avons une dizaine de visites guidées agendées pour les semaines à venir », précise-t-il.

Pour l’heure, la Madi vit une belle première partie de saison. Les touristes sont curieux et intéressés, certains demandent même s’il est possible de visiter le site de Couvet. D’autres sont, avant tout, attirés par l’offre de toilettes publiques « Il est prouvé que 50% des gens qui vont aux toilettes consomment sur place après », avance Daniel Huguenin-Dumittan.

D’autant plus que la Madi ne se veut pas comme un musée, mais comme un tiers-lieu. Lieu hybride entre institution muséale, café et lieu d’information touristique, car à la « porte d’entrée » du Vallon. « Nous essayons d’orienter les gens vers les autres institutions de la région », explique Daniel Huguenin-Dumittan, très satisfait des réseaux mis en place par Destination Val-de-Travers. Ne manque finalement que quelques bénévoles et passionnés pour faire vivre pleinement cette maison qui veut mettre en valeur le patrimoine et l’histoire industrielle de la vallée.

Gabriel Risold

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