Et vous, vous en pensez quoi ?
La crèche : un monde de femmes, vraiment ?
Qu’on le veuille ou non, les « réflexes de genre » sont encore très présents dans nos mentalités. Un petit garçon qui porte un pull rose ou une chambre d’une petite fille peinte en bleu déclenchera encore souvent des remarques voire des moqueries. Il ne convient pas de juger ces réactions mais de les comprendre. De même, certains environnements professionnels, comme les structures d’accueil, restent plutôt voués aux femmes dans l’imaginaire collectif. Sur 100 membres du personnel éducatif, 9 seulement sont des hommes au Val-de-Travers. Et vous, vous en pensez quoi ?
« Et vous, vous en pensez quoi ? », on vous a donné la parole sur nos réseaux sociaux au sujet du rôle des hommes dans les métiers de l’accueil de l’enfance. Et les résultats sont clairs : vous êtes seulement 5% à accorder prioritairement votre confiance à un homme plutôt qu’à une femme lorsque vous devez confier votre enfant à une structure pré ou parascolaire. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que vous n’êtes « que » 20% à faire davantage confiance à une femme qu’à un homme. Conclusion ?
10% d’hommes, c’est déjà beaucoup en Romandie
Cela signifie que les trois quarts des familles affirment qu’elles ne font aucune différence entre une prise en charge masculine ou féminine. Ce chiffre se heurte violemment à la représentativité très faible des hommes dans ces milieux : 4 à 6% en moyenne romande. Avec environ 10% d’hommes dans ses structures d’accueil, la commune de Val-de-Travers fait donc mieux que la moyenne. Mais la cheffe du Service de l’accueil de l’enfance, Camille Ahmetaj, ne s’en satisfait pas pleinement : « Certains enfants passent jusqu’à 57 h 30 par semaine en structure préscolaire. C’est beaucoup et il est donc bénéfique qu’ils puissent évoluer au contact d’équipes éducatives comprenant à la fois des femmes et des hommes. Cette complémentarité des modèles et des approches contribue à soutenir leur développement global. »
S’occuper des enfants, un rôle de femme
D’après elle, les mentalités évoluent d’année en année, même si, à son sens, cette progression pourrait être plus rapide : « Nous cherchons à encourager davantage d’hommes à rejoindre le domaine de l’enfance même si cette démarche reste complexe. Les représentations sociales associent encore souvent la prise en charge des jeunes enfants à un rôle principalement féminin. » Ce qui pousse à s’interroger sur la façon dont ces métiers sont présentés aux garçons et sur l’impact des stéréotypes. « Il est intéressant de constater que plusieurs apprentis rejoignent notre structure dans le cadre d’une reconversion ou d’une seconde expérience professionnelle. Beaucoup nous confient avoir toujours eu l’envie de travailler auprès des enfants sans avoir osé le faire plus tôt. »
Les crèches privées sont un peu moins confrontées à ce déséquilibre
Ce constat semble s’atténuer en partie lorsqu’on évoque le cas des structures privées comme celle de l’entreprise Philip Morris. « Je n’ai pas les chiffres exacts mais je sais qu’ils ont un peu plus d’hommes que chez nous. » Les conditions plus favorables permettent peut-être de créer un levier d’attraction. « Et puis, le turn-over du personnel – notamment engendré par… les congés maternité – est moins grand dans le privé. » Ce turn-over crée passablement de CDD et de temps partiels, des types de contrats majoritairement occupés par des femmes à l’heure actuelle. Cette sur-représentativité féminine se confirme dans d’autres métiers en contact avec des enfants comme l’enseignement où 80 à 90% des emplois sont occupés par des femmes dans le pays (pour le niveau primaire). Ce déséquilibre se lisse progressivement et linéairement plus le niveau scolaire augmente. C’est ce qu’on appelle le phénomène de l’entonnoir. Bref, hommes ou femmes, l’égalité se fait au compte-gouttes dans certains secteurs d’activités.
Kevin Vaucher
Que faire pour attirer plus d’hommes ?
Face à ce déséquilibre homme-femme en structure d’accueil de l’enfance, Camille Ahmetaj pointe le rôle primordial de l’éducation au sens premier du terme : « Les efforts d’information doivent presque commencer dès le biberon », sourit-elle. Je pense qu’il faut agir le plus tôt possible pour mieux faire découvrir ces métiers avec des initiatives qui existent déjà comme la Journée en tous genres ou le Forum des métiers. Cela va dans le bon sens. »



De gauche à droite : John Amos (Unia comité des retraités), Jean-Michel Erard (Être grands-parents aujourd’hui), Claude-Alain Kleiner (Avivo), Michèle Berger-Wildhaber (anc. conseillère aux États) et Renaud Tripet (Fédération NE des retraités)
L’atelier de Léopold Bourquin, entièrement remis en fonction à Noiraigue
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