Commune de Val-de-Travers
Alexandre Iseppi : un conseiller communal qui croit au « bon sens »
Lors de la séance du Conseil général du 23 mars dernier, Alexandre Iseppi a été élu tacitement, faute d’autre candidat, au Conseil communal de Val-de-Travers. Entretien avec le nouvel élu PLR qui remplacera officiellement Malo Bortolini à partir du 1er juin prochain.
Depuis de nombreux mois, l’exécutif de Val-de-Travers fonctionne à quatre membres en raison de l’absence pour maladie du conseiller
communal PLR, Malo Bortolini. Ce dernier, démissionnaire au 30 avril, c’est Alexandre Iseppi qui lui succédera à l’exécutif, son élection ayant été validée tacitement, faute d’autre candidat. Le Môtisan de 55 ans et père de trois adolescents, de 13, 16 et 22 ans, prendra ses fonctions le 1er juin prochain. Avec cette élection, l’exécutif de Val-de-Travers ne sera composé que d’habitants de Môtiers. « Cela montre que ce village a toujours été le chef-lieu du Vallon ! », rigole le nouvel édile, en étant rassurant. « Notre structure est une commune étendue à plusieurs villages », ajoute ce natif de Fleurier.
Membre du Parti libéral-radical (PLR), Alexandre Iseppi n’est pas un inconnu de la politique régionale. Les plus anciens peuvent se souvenir de son engagement au sein du Conseil général de Môtiers, avant la fusion des communes, les plus « jeunes », de sa position de chef de groupe PLR au législatif de Val-de-Travers lors de la précédente législature. Un mandat de conseiller général qui n’avait pas été reconduit par les électeurs, puisqu’il avait terminé premier des non-élus aux dernières élections. Il avait alors choisi de ne pas être suppléant. « J’avais des mandats très prenants à l’extérieur du canton et j’ai choisi de donner une chance aux jeunes ‹ viennent-ensuite › de la liste pour qu’ils mettent le pied à l’étrier », explique Alexandre Iseppi.
Ferme mais prêt aux compromis
En deux ans, la situation s’est modifiée. Le mandat d’Alexandre Iseppi s’est terminé et la démission de son collègue de parti, Malo Bortolini, a été actée. D’où sa candidature au sein du PLR pour accéder à l’exécutif.
« C’est un poste où il faut de l’expérience », juge-t-il. « À Môtiers, j’étais trop jeune et avant à Val-de-Travers, c’était un job trop important, à 100%, pour le concilier avec mes mandats. Aujourd’hui le timing est bon », estime l’intéressé, en précisant qu’il n’aura plus de lien avec ses sociétés au moment de sa prise de fonction, soit vendues à ses employés, soit mises en « stand-by ». Passionné d’aéronautique depuis l’enfance et pilote depuis ses 16 ans, il s’est aussi désengagé du comité de l’aéro-club du Val-de-Travers afin qu’il n’y ait aucune possibilité de collusion.
Lors de son élection tacite, le Parti socialiste et le POP avaient souligné le profil très droitier du nouvel élu, souvent ferme lorsqu’il siégeait en commission. « Il faut être ferme sur ses positions », reconnaît-il, « mais dans ma vie professionnelle, j’ai toujours dû négocier, convaincre les gens de l’avantage d’un projet », développe l’ingénieur EPFL de formation, en ajoutant qu’il est toujours intéressant de construire ensemble afin d’aller plus loin dans les solutions. Après avoir été intransigeant au législatif, il estime qu’il saura être constructif au sein de l’exécutif. Un collège exécutif qui ne vise que le même but, faire avancer Val-de-Travers, selon Alexandre Iseppi. « Et il n’y a pas de raison de ne pas y arriver », ajoute-t-il, en avouant son objectif que la commune retrouve « les vrais chiffres noirs » rapidement et entame un cercle fiscal vertueux. « Il nous faut réduire nos coûts de fonctionnement, en continuant d’investir et surtout ne pas se satisfaire de rentrées fiscales exceptionnelles », analyse-t-il.
Accueil et harcèlement : deux chevaux de bataille
Son arrivée à mi-législature ne l’effraie pas même s’il juge comme un inconvénient d’avoir deux ans de moins pour mettre des choses en place et convaincre. « J’ai reçu beaucoup de messages de soutien, mais aussi avec beaucoup d’attentes. Donc j’ai plus de pression qu’avant », avoue-t-il. Le nouvel élu héritera du dicastère de son prédécesseur, du personnel, jeunesse et enseignement (DPJE), pas forcément celui qu’il aurait choisi. « Mais il y a des choses à faire avec des personnes prêtes à évoluer. C’est un challenge motivant », déclare Alexandre Iseppi, convaincu que c’est à l’exécutif que « l’on a les commandes fines » pour faire bouger les choses. Hasard des choses, Alexandre Iseppi s’était vu confier, il y a quelques mois, un mandat pour analyser le service de l’enfance et a déjà des idées pour améliorer son fonctionnement. « Le but n’est pas de couper des services mais d’optimiser le fonctionnement de la commune », précise-t-il, convaincu qu’il faut « écouter ceux qui travaillent » pour élaborer des solutions. « Le bon sens est ce qu’il y a de mieux », juge le conseiller communal élu.
Deux points tiennent à cœur au futur chef du DPJE : garantir une place d’accueil pour chaque enfant. « C’est une volonté politique. Il faut adapter le personnel et les structures pour la réaliser », avance-t-il. Deuxièmement, Alexandre Iseppi souhaite agir sur la problématique du harcèlement scolaire. « Celui sur les réseaux sociaux m’inquiète. Je pense que l’on peut encore mieux faire, tant dans l’information que les structures, pour réagir. Cela sera un de mes fers de lance ! », déclare le nouveau conseiller communal. À voir si ces deux sujets pourront se concilier dans sa vision budgétaire. Ceux-ci devraient parler à la gauche du législatif, l’aspect financier, un peu moins. Ainsi, Alexandre Iseppi a deux années pour convaincre, en gardant à l’esprit qu’il existe, tout de même, une « prime au sortant ». Les deux conseillers communaux et la conseillère communale se représentant aux élections étaient sortis en tête des urnes.
Gabriel Risold




