La Clusette rouverte, le Vallon libéré !
Bon d’accord, on y va peut-être un peu fort en parlant de Vallon libéré. Mais il y avait un peu de ça, dimanche, pour la réouverture du tunnel après 4 ans de travaux. Dans le nombreux public venu fêter ce moment, on a senti de la fierté, un peu de soulagement et une liesse communicative, comme en témoigne le cortège de voitures anciennes qui ont été acclamées lorsqu’elles ont été les premières à franchir le tunnel au milieu d’une haie de « spectateurs ». La Clusette avait presque des airs de grands cols du Tour de France cycliste.
Par [Kevin Vaucher]
C’est fait ! Les travaux de rénovation et de sécurisation du tunnel de La Clusette se sont terminés dimanche passé par une journée « portes ouvertes ». Après 4 ans de travaux, et avec 9 mois d’avance sur le planning, les premiers véhicules à avoir traversé l’ouvrage sont ceux du « Vétéran Car Club Suisse romand » qui ont défilé juste après la partie officielle. « Ce n’est pas seulement un ouvrage d’art de 51 ans qui est fêté aujourd’hui mais un signe d’abnégation et d’avenir radieux pour le Val-de-Travers. Ce sont aussi les liens entre régions qui se renforcent », a déclaré le conseiller communal de Val-de-Travers Benoît Simon-Vermot.
C’est pas beau ça ?
C’est vrai ! Ce tunnel est bien plus qu’un simple « tube » creusé dans une montagne. Il rapproche géographiquement et il fédère aussi les Vallonnières et les Vallonniers. « Cette route structure notre vie touristique, sociale et professionnelle, en complémentarité avec la ligne ferroviaire qui a également été développée ces dernières années. Cette journée récompense une belle réussite collective. On est capable de grandes choses en avançant ensemble, vive le Val-de-Travers », s’est emporté un Benoît Simon-Vermot des grands jours.
Le conseiller d’État Laurent Favre a enfoncé le clou (du spectacle) en soulignant l’avance de 9 mois des travaux, le respect du crédit d’investissement de 39.1 millions de francs ainsi que le financement fédéral à hauteur de 60%. « C’est pas beau ça », a-t-il pris à partie le public.
La colle du conseiller d’État : jusqu’où va la route H10 ?
« Nous sommes réunis 50 ans, 5 mois et 5 jours après l’inauguration du tunnel (1975) pour vous faire découvrir les galeries de La Clusette 2.0 », a poursuivi le Vallonnier sur un plan plus technique. Puis, il s’est voulu joueur en posant une colle : jusqu’où va la route H10 ? Réponse dans la foule… « Berne », « Soleure ». Manqué ! Lucerne. C’est justement son importance nationale qui permet à cette route de bénéficier du soutien fédéral. Mais qui dit soutien dit aussi obligations à respecter à travers certaines normes. « C’est dans cette optique qu’une galerie de fuite a été réalisée en parallèle du tunnel. Celle-ci est reliée au tunnel par 6 galeries de sécurité transversales qui permettent notamment de se mettre en sécurité et d’évacuer l’ouvrage en cas d’incendie. »
La Clusette passe de 3 à 4 voies, avec celle dévolue à la mobilité douce
Cette galerie permet aussi la circulation sécuritaire des piétons ainsi que des cyclistes (dans le sens de la montée), ce qui a poussé le conseiller d’État à dire que La Clusette était passée de 3 à 4 voies, « en tenant compte de la mobilité douce. » En effet, il y a toujours deux voies montantes pour le trafic routier ainsi qu’une voie dans le sens de la descente, en direction du Vallon. Il reste encore une étape : la pose de 1200m2 de panneaux photovoltaïques – de part et d’autre de l’ouvrage – afin d’assurer jusqu’à 90% de sa consommation en électricité. Mentionnons encore qu’une minute de silence a été respectée en l’honneur d’un ouvrier, décédé durant la phase de travaux qui aura donc duré 4 ans « seulement ». Après l’émotion et la joie, la libération fut totale en fin de journée lorsque le tunnel a été rouvert au trafic. Il ne reste qu’une seule chose. À (re)dire : vive le Val-de-Travers !
Les galeries des mines d’asphaltes étaient envisagées pour le tunnel
L’ancien géologue cantonal, Jean Meia, a apporté des touches d’histoire à cette journée historique : « L’épopée du futur tunnel de La Clusette a débuté à la fin des années 1960. La route existante était considérée comme délicate voire dangereuses par les ponts et chaussées qui souhaitaient faire évoluer la situation. J’ai alors demandé une étude géologique à l’université de Neuchâtel. » Conclusion : la zone n’est pas du tout favorable à la construction d’une nouvelle route. « La solution du tunnel est arrivée par la suite. Il était d’abord imaginé du côté du Creux du Van puis on nous a suggéré de passer par les anciennes galeries des mines d’asphalte pour gagner du terrain. »














Fabien Chapatte, agent général et Eric Sivignon, conseillé communal de Val-de-Travers



