Œufs de Pâques et éoliennes
Quoi de plus touchant, lors des fêtes de Pâques, que d’observer les enfants courir, avec leur petit panier à la main, à la recherche des œufs dissimulés par un lapin malicieux ! Ils trouveraient bien saugrenue l’idée de réunir leurs trouvailles et de les déposer dans un seul et unique panier.
Mais, quel rapport avec les éoliennes ? Dans le monde adulte et énergétique, les promoteurs de l’éolien et les gouvernants acquis à cette énergie viennent nous expliquer qu’il est indispensable de diversifier le « mix énergétique » et qu’il ne faut donc pas, selon l’adage, « mettre tous nos œufs dans le même panier ».
Ce discours est techniquement inexact. En effet, l’intermittence de l’éolien impose qu’il soit assisté en permanence par des centrales pilotables. Celles-ci sont en Suisse principalement des centrales hydroélectriques (barrages d’accumulation et centrales au fil de l’eau) et nucléaires. Sans ces centrales, l’éolien est inutilisable. Il est donc obligatoirement dans le même « panier » que celles-ci !
En clair, sans centrales pilotables qui peuvent fonctionner 24h/24 à la demande, pas d’éolien ! L’éolien est marié de force avec des centrales pilotables, alors que ces dernières n’en ont pas besoin pour produire une électricité efficace, bon marché et à grande échelle. Il vaudrait donc mieux éviter d’installer de l’éolien industriel de notre mix énergétique électrique ! Comme le dit ironiquement l’ingénieur français Jean-Marc Jancovici : « Remplacer une de ses jambes par une jambe de bois, c’est une diversification, mais cela n’améliore pas la marche ».
Car, en effet, dépenser des sommes colossales pour des parcs éoliens délivrant une électricité intermittente est, en Suisse comme en Europe, inutile et ruineux puisqu’ils ne font que s’ajouter à des centrales pilotables qui, elles, n’ont pas besoin d’éolien pour fonctionner. Il ne faut pas forcément être ingénieur expert en énergie pour le comprendre !
Ce qui n’empêche pas une grande partie du monde politique de vouloir sans relâche contraindre notre pays à suivre cette idée erronée de « mix énergétique » avec de plus en plus de « renouvelable éolien ». Est-ce vraiment défendre l’intérêt des citoyen(ne)s impacté(e)s et préserver la beauté et la biodiversité des sites et hauts plateaux jurassiens ? Il est permis d’en douter fortement !
Ah ! Comme elle est belle l’innocence des enfants qui s’en vont, le regard émerveillé, déposer leurs œufs dans leur petit panier !
Alain Stoller, Ipsach




