Association Les Travers du Vent
Pour Ernst Zürcher, l’esprit de la forêt appelle à la vigilance
Invité par l’association Les Travers du Vent, l’ingénieur forestier et docteur en sciences naturelles, Ernst Zürcher, a donné une conférence passionnante sur le thème « Sylvosphère, ou l’esprit de la forêt », devant un public nombreux et curieux, jeudi dernier. Il a rappelé à quel point le Val-de-Travers est pionnier dans la protection et l’utilisation mesurées de la forêt et plaidé pour la préservation de ses fonctions naturelles, à l’heure où les menaces se multiplient, notamment la construction d’éoliennes.
Au fil de son intervention qui s’est déroulée jeudi 26 mars à la salle Fleurisia à Fleurier, Ernst Zürcher a développé une vision sensible et scientifique de la forêt, qu’il aborde comme une « sylvosphère » : un système vivant complexe, doté de rythmes propres, d’interactions subtiles entre arbres, sols, eau, air et biodiversité.
Selon lui, la forêt ne se réduit pas à une ressource exploitable, mais constitue une entité organisée, capable de régulation et porteuse d’équilibres essentiels, notamment climatiques et acoustiques. Cette approche invite à repenser la relation entre l’humain et son environnement forestier, en privilégiant le respect des cycles naturels.
Le conférencier a notamment évoqué les projets d’implantation d’éoliennes dans le Val-de-Travers. Il a souligné que ces infrastructures, au-delà de leur impact paysager, peuvent perturber l’équilibre de la sylvosphère, en particulier par les nuisances sonores continues qu’elles génèrent. Ces bruits, dont les fréquences sont parfois imperceptibles pour l’humain, affectent néanmoins la faune et interfèrent avec les dynamiques biologiques fines de la forêt, remettant en question son rôle de milieu harmonieux et ses fonctions protectrices.
Ernst Zürcher a également rappelé que le canton de Neuchâtel fut pionnier en matière de gestion forestière durable. Dès 1890, sous l’impulsion de l’ingénieur Henry Biolley, la pratique de la forêt jardinée a été mise en place, favorisant une exploitation respectueuse des cycles naturels et de la diversité des peuplements. Ce modèle, aujourd’hui reconnu internationalement, illustre une tradition locale de gestion responsable des forêts.
La soirée, qui a réuni plus d’une cinquantaine de personnes, s’est inscrite dans le contexte politique suisse, alors qu’une initiative fédérale sur la protection des forêts sera soumise au vote populaire à l’horizon 2027. Celle-ci vise à renforcer la préservation des forêts et des pâturages boisés contre la construction à large échelle de parcs éoliens industriels.
Comm.








