Rentrée scolaire
Le canton veut mettre l’accent sur l’orthographe
Jeudi dernier, les autorités cantonales ont présenté les grandes lignes de la rentrée scolaire 2025-2026, au collège de Longereuse à Fleurier. Cette nouvelle année scolaire sera notamment marquée par un plan d’action pour relever le défi de l’orthographe, ainsi que par une interdiction de l’usage des appareils connectés.
Depuis lundi, 19’761 élèves, dont 427 scolarisés dans une école ou une institution d’éducation spécialisée, ont fait leur rentrée d’école obligatoire. Pour le cercle scolaire du Val-de-Travers, ce sont 1340 élèves, 483 au cycle 1, 467 au cycle 2 et 390 au cycle 3, qui ont poussé les portes de l’école après les vacances. Une école Jean-Jacques Rousseau et son collège de Longereuse que les autorités cantonales avaient choisi, jeudi dernier, pour présenter les grandes lignes de cette rentrée 2025-2026. Accompagnée par le nouveau chef du service de l’enseignement obligatoire, Serge Ramel, la conseillère d’État Crystel Graf a souligné une rentrée « sous le signe de la sérénité et de la continuité ».
Néanmoins, la cheffe du département de la formation et des finances (DFFI) a annoncé deux principales mesures pour l’année scolaire qui s’ouvre. La première sera un plan d’action pour relever le défi qu’est l’orthographe pour les élèves.
Les élèves neuchâtelois n’ont pas brillé lors de la dernière enquête COFO, Crystel Graf
En effet, en mai dernier, l’enquête nationale sur les compétences fondamentales en langues révélait que seuls 36% des élèves atteignaient les objectifs en orthographe. Pour la conseillère d’État, il faut « aussi donner envie aux élèves » de s’intéresser à l’orthographe, chose « qui a tout de même un côté un peu pompeux ».
Dans les autres disciplines également
Même si Crystel Graf et Serge Ramel estiment que ce résultat peut être nuancé, les services cantonaux ont choisi d’entreprendre différentes mesures pour améliorer les compétences orthographiques des élèves. En premier lieu, des activités ritualisées seront valorisées dans les nouveaux moyens d’enseignements. Régulièrement ou quotidiennement, une attention particulière sera portée à l’orthographe en classe, comme avec une phrase dictée par jour, ou l’identification facilitée des erreurs, une manière de travailler le français en partant de l’orthographe.
Toutefois, il n’est pas question de revenir aux bonnes vieilles dictées. « Des dictées sous d’autres formes que celles dont on peut se souvenir », estime Serge Ramel, en rappelant que l’objectif est de produire un texte sans faute et d’avoir « la capacité de se relire et de se corriger » avec les outils de référence. Une attention régulière à l’orthographe sera aussi accentuée dans les autres disciplines, avec une uniformisation de l’usage et de la correction dans celles-ci et la création de lexiques spécifiques. « Un objectif qui est même romand », a précisé la cheffe du DFFI. Si les fautes d’orthographe dans les autres matières ne péjoreront pas le résultat, celles-ci seront dûment signalées.
Semaine de l’orthographe
De plus, des activités seront en libre accès pour les élèves et leurs familles sur le portail iClasse. Des « parcours ludiques autour de l’orthographe » aussi à faire avec les parents, comme l’a noté Crystel Graf, en souligant que « toutes les familles n’ont pas les mêmes ressources à la maison ».
Enfin, en conjonction avec la Semaine de la langue française et de la francophonie, en mars 2026, une semaine de l’orthographe se tiendra dans tous les centres scolaires. Lors de celle-ci, diverses activités en lien avec l’orthographe seront organisées, comme un escape game, des débats, des jeux ou encore des concours, le tout pour rendre l’apprentissage de l’orthographe plus « ludique ».
Gabriel Risold
Autre principale annonce, jeudi dernier, l’interdiction des téléphones portables ou autres appareils connectés dans le cadre scolaire. « La grande majorité des écoles ont déjà des règles à ce sujet », a relevé Crystel Graf. Selon la conseillère d’État, la nouvelle directive cantonale ne fait qu’harmoniser la pratique sur l’ensemble du canton. Elle permet de faire face « à des préoccupations croissantes » liées au harcèlement, l’usage problématique des outils numérique et la protection de la santé mentale des élèves. Concrètement, de la 1re à la 11e année, tous les appareils connectés devront demeurer éteints et rangés, de manière non visibles et non utilisables dans le cadre de l’école. Leur usage restera possible dans un cadre pédagogique défini. L’application pratique de la directive et les éventuelles sanctions seront l’apanage des cercles scolaires.