Les Bréviniers font fondre leur public en Coupe
Nous sommes au soir du 17 août. Il y a comme une odeur de feu dans la vallée de La Brévine. Aucun incendie à l’horizon dans cet « été sibérien », non, la chaleur provient de la salle du Mannerot ! Les joueurs de unihockey locaux réalisent un véritable exploit (le mot n’est pas galvaudé). Les tout frais pensionnaires de 3e ligue sont en train de créer une ambiance brûlante en éliminant Köniz (1L), un gros morceau habitué des longs parcours en Coupe. Trois, deux, un… c’est terminé, les Bréviniers se qualifient pour la première fois de leur histoire en 16e de finale de la compétition !
Au pays de l’hiver roi et du ski de fond, les occasions de prendre la lumière se font rares pour les autres acteurs du sport brévinier. Et pourtant, le club de unihockey local brille dans son registre depuis un peu plus de 10 ans. « Nous sommes partis de pas grand-chose avec une équipe masculine de 5e ligue. Après deux ans, nous avons été promus en catégorie supérieure avant de rejoindre la 3e ligue au terme de l’exercice 2023/2024 », pose Sébastien
Wyssmüller, entraîneur au club depuis 2017.
Objectif : pérenniser sa place en 3e ligue
Aujourd’hui, il y a deux formations masculines, une équipe féminine et deux groupes de juniors (D et C) qui défendent les couleurs des « sangliers ». Une santé éclatante qui se retrouve dans la
composition de l’effectif de l’équipe fanion : « Nous attirons des joueurs d’un peu partout dans le canton : vallée de La Brévine, Val-de-Ruz, Val-de-Travers, Le Locle ou encore La Chaux-de-Fonds. Notre noyau est fidèle depuis plusieurs années et on a aussi gagné en esprit de compétition. » Ce tempérament a permis à la troupe de Wyssmüller d’assurer son maintien en 3e ligue et de légitimement imaginer y rester sur le long terme. « C’est notre objectif pour le championnat qui commence le 21 septembre et c’est aussi notre souhait pour l’avenir. La relève est présente, on a de bonnes cartes en main. »
Avant match : 1000 scenarii et un seul nous donnait gagnants…
Avant de songer au championnat, les Bréviniers avaient déjà la Coupe en tête lors des derniers mois. Après être venus à bout de Gland et de Bevaix aux tours précédents, ils recevaient donc le gros morceau Köniz sur leur terre le 17 août dernier. « Il y avait 1000 scenarii de match possibles avant le coup d’envoi et un seul nous donnait vraisemblablement gagnants », rigole l’entraîneur. Et c’est bien ce scénario unique qui a été joué devant une centaine de spectateurs acquis à leur cause. « Ils y ont cru gentiment au fil des minutes et ils ont véritablement mis le feu à la salle. Jamais on imaginait vivre quelque chose de pareil à notre niveau. »
Un 3e tiers-temps totalement irrationnel
Et pourtant, les « sangliers » étaient devant au score après 20 minutes de jeu : « Nous menions 3 à 2 et cela a fait du bien à notre confiance. En plus, je pense que ce petit avantage a joué pour nous. L’adversaire a pensé qu’il avait encore largement le temps de retourner la situation. Ce qui était vrai. » Et ce qui a été fait dans une période médiane compliquée. « C’est un miracle que l’on rentre au vestiaire une deuxième fois en perdant seulement 5 à 4. Cela a entrouvert une minuscule porte pour passer et c’est ce que nous avons fait dans un 3e tiers-temps totalement irrationnel. » Les Bréviniers ont marqué à huit nouvelles reprises tout en maîtrisant parfaitement leur jeu défensif en n’encaissant que trois buts. Résultat des courses : une victoire incroyable 12 à 8 et l’élimination de Köniz, habitué à aller bien plus loin dans la compétition.
Un 16e de finale très abordable mais dangereux quand même
« Il faut dire que les Bernois ont abordé la rencontre de façon un peu légère avec une moitié d’effectif formée par des joueurs de leur 2e équipe (qui évolue en 3e ligue). » De quoi croire à la victoire à un moment donné ? « Honnêtement, on a tremblé jusque dans les 5 dernières minutes où on est passés de ‹ ce serait terrible de perdre après avoir fait tout ça › à ‹ on a assez d’avance, il ne peut plus rien nous arriver ›. » Il faudra retrouver de la vigilance au prochain tour puisque l’adversaire qui se profile (Wasserschloss Legion (Argovie), 3e ligue, date à confirmer) sera moins fort que Köniz sur le papier mais… aussi dangereux, selon Sébastien Wyssmüller : « Il va jouer le coup à fond ! En tant que ‹ petit club ›, il voudra forcément saisir cette chance unique d’atteindre les 8es de finale de Coupe. » Bref, il risque encore de faire très chaud dans la vallée du froid…
Kevin Vaucher