Culture
L’édition 2026 d’Art Môtiers commence à prendre forme
Depuis plusieurs semaines, les œuvres d’Art Môtiers 2026 se mettent en place dans le village et ses alentours. Tour d’horizon et prise de température auprès des organisateurs avant l’ouverture le 20 juin prochain.
Après plusieurs jours consécutifs de temps radieux, il fait gris, mais chaud, sur Môtiers, en ce mercredi 29 avril. Le président d’Art Môtiers, habitant le long du Bied, passage presque obligé du parcours de la visite de l’exposition d’art en plein air, Emil Margot, nous propose de faire un petit tour, afin d’observer l’avancée du montage des œuvres de cette première édition pour lui et son nouveau comité, après des années de Pierre-André et Marie Delachaux. « Nous sommes heureux du temps pendant les semaines précédentes pour avancer », constate Emil Margot.
Toutefois, le président d’Art Môtiers, c’est le nouveau nom de la manifestation créée en 1985, explique qu’une installation d’œuvre comporte toujours quelques surprises. « Parfois, les artistes se rendent compte d’une chose à modifier et il faut s’adapter », avance-t-il. En longeant le Bied de Môtiers, le président de l’organisation remarque que les bouées posées dans le ruisseau par l’artiste vaudois Emmanuel Mbessé n’ont pas bougé. « Heureusement, elles ne sont pas dans le lac de Neuchâtel », plaisante-t-il. Plus sérieusement, Emil Margot dit sa satisfaction à voir progressivement le montage de l’exposition arriver à « bout touchant ». « Après trois ans et demi de planification et de travail, on commence à voir le résultat », reconnaît-il.
Must à la cascade ?
À la cascade, Emil Margot nous présente une œuvre, encore en construction, de l’artiste Sandrine Pelletier, qui sera certainement un must d’Art Môtiers 2026 : une cascade en miroir de l’authentique faite de morceaux de verre. « Nous avons dû la changer de place en raison des chauves-souris, mais placée là, elle résonne presque mieux », constate-t-il. Dans la descente, place aux chiffres. Entre les bénévoles qui accueillent des artistes à domicile, les bénévoles du montage des œuvres et ceux qui cuisinent pour les gens et les artistes d’Art Môtiers, cela représente une trentaine de personnes. « Un bénévolat au service de l’art », salue Emil Margot, en passant dans une grande structure en cours de montage : une maison qui sera dépliée comme une fleur s’ouvre.
Comme à l’ordinaire, les lieux symboliques de Môtiers ont su être investis par les artistes. « Ils se sont approprié les lieux et c’est drôle de les voir jouer avec », raconte le président de l’organisation. Ce dernier estime que la démarche sort des codes « d’une exposition de musée » et permet un accès plus large à l’art. Afin d’être aussi inclusif que possible, un parcours sera spécialement aménagé pour les personnes à mobilité réduite et également pour les familles avec des poussettes. Les autres œuvres non visibles lors de celui-ci seront représentées en photos au stand de tir de Môtiers, buvette de la manifestation durant la période du 20 juin au 20 septembre.
Dans l’esprit des fondateurs
Si Art Môtiers a changé de nom et de comité d’organisation, la mentalité demeure identique. « Tout cela est fait pour faire vivre l’art, pour le village, le Vallon et la région, dans l’esprit des fondateurs, les Delachaux », avoue Emil Margot, en pensant que la population répondra présent. « Des villageois se promènent déjà et voient les œuvres en place, d’autres nous disent qu’ils ont des idées pour des œuvres sauvages », indique-t-il. En effet, les créations des particuliers sont devenues, au fil des éditions, presque des incontournables de la manifestation. Quant à s’approprier les œuvres, nous avons pu nous en rendre compte. À peine une coquille d’escargot géante installée quelques jours plus tôt, un élève d’une classe de l’école en forêt se lovait dedans.
Les premières anecdotes de cette édition, sous l’égide d’un nouveau comité, ne manquent déjà pas. Comme celle des artistes Anne et Jean Rochat, venus fin mars, creuser trois fosses pour leurs œuvres et qui ont, après le soleil en matinée, rencontré 30 centimètres de neige.
« Ce sont les aléas, mais ils ont pu déguster des absinthes en attendant », sourit Emil Margot, en soulignant les liens qui se créent toujours entre les artistes et la manifestation. « Ils vont chez l’habitant, découvrent ou redécouvrent cette région. Et tous, je crois, apprécient cela », estime-t-il.
Art Môtiers ne sera pas que sculptures, de nombreux évènements se tiendront durant cet été. « Nous voulons faire vivre cette exposition, apporter quelque chose de spécial », avance Emil Margot.
Ainsi, diverses animations en lien avec les sociétés locales, plusieurs performances avec les artistes et autres surprises seront au programme de cette édition.
Leurs annonces se feront « au fur et à mesure ». « J’ai l’espoir que le village vive cela avec nous », souhaite Emil Margot. Équipe différente, autre nom, mais même esprit pour Môtiers Art en plein air devenu Art Môtiers.
Gabriel Risold









