Commune de Val-de-Travers
Les autorités de Val-de-Travers et celles de la Grande Béroche songent à une fusion
Un ouï-dire circulant dans le cercle médiatique est désormais confirmé. Les Conseils communaux de Val-de-Travers et de La Grande Béroche pensent à une fusion. Celle-ci, si elle devait être actée, serait proposée dans les urnes à l’horizon des années 2030.
Depuis quelques semaines, c’était une rumeur qui bruissait dans les médias régionaux du Vallon et du Littoral-ouest, une possible fusion entre les communes, déjà issues de fusions, de Val-de-Travers et de La Grande Béroche. En exclusivité, le Courrier du Val-de-Travers hebdo peut annoncer qu’en effet, les membres des exécutifs des communes précitées réfléchissent à un tel projet. « Nous avons toujours eu d’excellentes relations avec nos voisins de La Grande Béroche », relève Benoît Simon-Vermot, président du Conseil communal de Val-de-Travers. « Ils ont été nos hôtes d’honneur lors de la fête du 24 février en 2023 ».
Le chef du dicastère de l’administration, de l’économie et de la protection de la population (DAEPP) note que de très bons contacts et relations se sont noués avec les autorités grandes bérochales lors de cette manifestation. « Nous avons vu que nous partageons des problématiques similaires, mais aussi des valeurs et des visions identiques », poursuit-il. « À regarder Val-de-Travers, il existe de nombreuses analogies avec nous », constate Hassan Assumani, président du Conseil communal de La Grande Béroche. L’édile bérochal souligne que la fusion de Val-de-Travers fut un exemple. Pour rappel, Val-de-Travers est né le 1er janvier 2009 et La Grande Béroche, le 1er janvier 2018. « Val-de-Travers était précurseur et évidemment nous a inspirés », poursuit-il, en notant que les deux entités sont tout à l’ouest du canton et parfois éloignées du chef-lieu.
Creux du Van en lien
Toutefois, ces liens suffisent-ils à imaginer un tel projet de fusion ? « Je crois qu’en unissant nos forces, entre deux communes s’étalant sur une vallée et le Littoral, nous serons plus forts en termes d’attractivité », expose le chef du DAEPP, en évoquant aussi de grandes possibilités d’économies d’échelle et un accès au lac. « Il ne faut pas oublier que nos communes se touchent par le Creux du Van », renchérit Hassan Assumani. « Entre Bérochaux et Vallonniers, nous ne sommes pas si éloignés que cela ». Certes, il est vrai que Val-de-Travers et La Grande Béroche partagent une frontière
commune, notamment au lieu symbolique de la Ferme Robert, sise sur le territoire de la commune du Littoral, mais il est tout de même étonnant d’entendre parler de fusion.
Une partie de la réponse tiendrait dans le fait que les deux communes étaient parmi les premières du canton à recevoir, en février dernier, en même temps, le label « Commune en santé ». La mayonnaise aurait pris lors de cet événement. « Oui, c’est vrai que nous avons remarqué que plusieurs de nos actions, notamment en matière de promotion de la santé, allaient dans le même sens », reconnaît Sarah Fuchs-Rota, conseillère communale de Val-de-Travers, en charge, notamment, de la cohésion sociale et de la santé. Le président de La Grande Béroche confirme en ajoutant que, lors de cette rencontre, les intéressés ont « vu qu’il y avait quelque chose de plus grand à construire ».
Quel nom pour la commune fusionnée ?
Si, pour l’instant, cette fusion demeure à l’état d’idée, les responsables politiques veulent croire à un agenda relativement rapide pour un projet concret, soit à l’horizon du mitan de la décennie 2030. « À Val-de-Travers, notre fusion est désormais digérée. Il nous faut regarder vers l’avenir et aller de l’avant pour poursuivre notre développement », précise Benoît Simon-Vermot. « La Béroche s’est ouverte facilement à Bevaix pour sa fusion. Je suis certain qu’il en sera de même avec Val-de-Travers », ajoute Hassan Assumani. Les deux présidents en sont convaincus, cette grande commune, allant des monts au lac, a un avenir, permettant une mutualisation des coûts et une force plus grande. « Nous aurons un poids prépondérant pour faire valoir nos arguments auprès du Canton », abondent-ils, en cœur.
Reste le défi géographique. Si cela devait se concrétiser, une montagne séparerait toujours les deux parties d’une commune. « La problématique est hivernale. L’été, la route de la montagne permet de les relier en une petite trentaine de minutes », note Hassan Assumani. L’idée de navettes régulières est même suggérée. « Et pourquoi pas réactiver l’idée, évoquée il y a cinquante ans, d’un tunnel », plaisante, à moitié, le président de Val-de-Travers, en évoquant le mythe populaire que les galeries des mines de la Presta s’étendraient presque jusqu’au lac. Quant à l’administration communale, une centralisation, à terme, à la Ferme Robert ferait sens, selon les deux communes.
À la question du nom de cette hypothétique commune fusionnée, nos interlocuteurs ne manquent pas d’imagination. « Certes, cela sera au peuple de se décider, mais pour ma part je plaiderais pour Commune du Creux du Van », indique Benoît Simon-Vermot. Sa collègue de l’exécutif opterait plus pour Val-et-Lac ou Vallac. « Béro-Val pourrait être approprié », juge, quant à lui, le président de La Grande Béroche. Affaire à suivre donc, car le chemin politique, administratif et populaire sera encore long.
Gabriel Risold
Un crédit-cadre pour les chauffages de trois collèges
Autre point notable à l’ordre du jour de la séance de lundi, la demande de crédit-cadre de 1’723’000 francs pour le remplacement des installations de chauffage et l’amélioration énergétique des collèges de Buttes, Saint-Sulpice, Noiraigue et B8 à Fleurier. Comme l’a souligné le chef du dicastère des infrastructures (DI), Yann Klauser, la vétusté des chaufferies de ces bâtiments est manifeste et des travaux s’imposent durant les trois années à venir. Ceux-ci permettront, par ailleurs, de réduire les émissions de CO2 d’environ 170 tonnes par an. Si l’ensemble des groupes ont convenu de l’importance de ces remplacements dans les collèges de Buttes, Saint-Sulpice et Noiraigue, des doutes ont été exprimés sur la nécessité d’inclure le collège B8 dans cette demande, celui-ci pouvant être, à terme, potentiellement relié au CAD de Fleurier. Ainsi, la commission de gestion et des finances proposait un amendement dans ce sens, réduisant la demande de crédit de 225’000 francs. Soumis au vote, ce dernier fut accepté par 26 oui contre 5 non et 9 abstentions. Au vote final, le crédit-cadre amendé de 1’498’000 francs fut accepté par 38 oui contre 1 non et une abstention.




