Cinéma
« Le Signal » : nouveau projet pour José Luis Segura et Jayel Films
Réalisateur autodidacte, le Vallonnier José Luis Segura et son équipe de Jayel Films se sont lancés dans un nouveau projet cinématographique. Toujours réalisé avec des acteurs amateurs, le film s’intitule « Le Signal ». Son tournage a débuté il y a deux mois déjà.
Dans le village de Ravenford, le 4 juillet 1990, un groupe de cinq enfants se rendent à leur cabane, le « QG » de leurs jeux encore enfantins. En chemin, ils sont interloqués par une brocante. Durant quelques minutes, la gérante va leur raconter une histoire tirée d’un grimoire trônant dans la boutique. En soirée, les cinq amis s’interrogent sur ce vieux conte et soudain leur récepteur radio s’allume et diffuse un signal sonore. Le début d’une chasse au trésor pour les cinq copains. Or, au même instant, quatre braconniers captent aussi ce signal. C’est une folle course qui va s’engager entre les deux groupes.
Ce synopsis est celui du film « Le Signal » du réalisateur et scénariste autodidacte originaire du Vallon, José Luis Segura, qui a déjà réalisé le long-métrage « Caroline Hills » l’année dernière, auquel le Courrier du Val-de-Travers hebdo avait consacré plusieurs articles. « Cette fois, nous sommes plus dans le fantastique et le film d’aventure familial, avec un âge du public dès huit ans », explique d’emblée le réalisateur, cofondateur de l’association cinématographique Jayel Films, entre deux prises dans un quartier de Saint-Sulpice. En effet, cette rencontre est un peu faite sur le vif, l’équipe de seize personnes et la soixantaine d’acteurs et actrices étant tous amateurs et travaillant à côté, le créneau pour un entretien est ténu.
Un passage de palier
Néanmoins, le staff de seize membres et les soixante comédiens amateurs démontrent l’ampleur de la production. « Pour ‹ Caroline Hills ›, nous étions quatre et cela représentait un job trop important », se remémore José Luis Segura. « Donc nous avons élargi l’équipe et même formé des personnes pour certains postes, comme celui de scénographe », détaille le réalisateur venu du monde de la musique et du clip vidéo. D’ailleurs, pour lui et son ami de longue date et directeur opérationnel, Alexander Lantigua, ce staff élargi permet une meilleure répartition des missions et de « monter en qualité ». « Le bon succès de notre premier projet (ndlr : Caroline Hills) nous a ouvert des portes. Donc nous avons la curiosité et l’envie de passer un palier », avoue Alexander Lantigua.
En effet, comme le rappellent les protagonistes de « Caroline Hills », l’objectif de ce premier long-métrage était uniquement de « montrer ce film à nos familles dans un cinéma ». La réussite fut bien plus grande, avec plus de 1400 spectateurs au Colisée de Couvet, et des diffusions à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et même au-delà du canton. Comment ne pas voir plus grand après une telle réussite pour ces amateurs passionnés ? Et, comme dit, des portes se sont ouvertes. « Nous n’avons presque pas eu de refus de tournage et des personnes se sont présentées spontanément pour jouer », sourit José Luis Segura. L’équipe a avoué à une prétendante à un rôle, qui s’était entraînée durant des jours, que même sans cela, elle aurait été engagée. « Il y a quelques pépites au casting ! », s’enthousiasme Alexander Lantigua.
Faire revire les années 90
Quant aux lieux de tournage, ils se situeront dans les villages de Môtiers, Fleurier et, bien sûr, Saint-Sulpice. Une entente a aussi été trouvée avec le MRVT pour des prises dans l’Étincelante. Toutefois, il y aura aussi des scènes tournées ailleurs en Suisse romande. Des décors du Vallon et autres pour représenter ce fameux village imaginaire de Ravenford où se déroule cette intrigue qu’ont imaginée et écrite José Luis Segura et sa compagne, Cristina Raccio, également coordinatrice de production. « Cela faisait un moment que nous pensions à ce scénario, déjà lors de la diffusion du dernier film », précise celle qui est aussi trésorière de l’association Jayel Films. Un scénario fantastique et d’aventure dont l’écriture a pris environ six mois.
Dans ce nouveau projet, le couple reconnaît qu’un des « challenges » importants est de plonger le spectateur dans les années nonante. « Cela est notre génération. Nous avons plaisir à faire découvrir les éléments de notre jeunesse à celle d’aujourd’hui », relate Cristina Raccio, avec une pointe de nostalgie, et en évoquant les cassettes VHS et d’autres petites choses désormais devenues désuètes. Également, José Luis Segura ajoute que les légendes de la région sont propices à l’imaginaire. Pour le film, l’équipe a écumé les brocantes et les vide-greniers pour dénicher meubles, vêtements, accessoires et autres. « On est ravi que les gens sur les plateformes, comme Marketplace, se débarrassent de tous leurs vieux objets », relèvent José Luis Segura et Cristina Raccio. Le tournage du film « Le Signal » a déjà débuté depuis deux mois et va se poursuivre durant ceux à venir. L’objectif de la production est de proposer sa création dans différents festivals au printemps 2027.
Gabriel Risold







