Abbaye 2026 : mais qui a eu cette idée folle ?
Certains associent l’école à ce « sacré Charlemagne » (ce qui n’est pas tout à fait juste mais c’est une autre histoire et une autre chanson), une majorité de Vallonniers l’associent sans doute plutôt à l’Abbaye de Fleurier ! Véritable tradition vivante de la fin d’année scolaire, elle offre trois jours de fête à la population et une occasion en or de remplir les caisses des sociétés. Bref, de quoi mettre tout le monde d’accord habituellement. Mais… pas cette année !
Nom de Zeus, mais qui a eu cette idée folle d’imposer une température caniculaire à cette Abbaye 2026 ? Suivez mon regard jusque vers le ciel pour dénicher le coupable ! En même temps, les organisateurs du grand événement vallonnier ont un peu provoqué le dieu des cieux en choisissant « les inventions folles » comme thème de son cortège. La première de ses inventions a été d’obliger la tenue du cortège le matin en raison des trop fortes chaleurs. « On n’avait jamais vu ça », poussait un couple de personnes âgées venues applaudir leur petit-fils.
Un cortège « trop tôt » le matin et des stands pas autorisés à ouvrir
Si les sociétés soutiennent en très large majorité le principe de précaution qui a prévalu dans cette décision de la Commune de Val-de-Travers, elles regrettent aussi les conséquences financières qu’elle a eues sur leurs affaires : « Les gens sont venus voir le cortège à 9 h 37 et sont rentrés à la maison ensuite. Le problème est qu’il faisait trop chaud et qu’ils ne sont pas revenus avant la fin de l’après-midi », rapporte le président du FC Val-de-Travers Paulo Sousa. « On a eu un peu de demande pour samedi midi », tempère Antonio Serra du Centre espagnol. Mais là encore, une drôle d’invention est venue contrecarrer les plans : « Les contrôles du SCAV et du Service du feu n’avaient pas encore eu lieu et on n’a donc rien pu leur servir à manger. Du coup, on a vendu une portion de calamars entre 11 heures et 17 heures. Et quand nous avons pu ouvrir, c’était trop tard. Il n’y avait plus personne. Notre personnel a joué aux cartes en attendant que les gens reviennent. » Ce qui fut le cas aux alentours de 18 heures.
L’effet de la canicule sur la vente des boissons ? Zéro !
Au FC Val-de-Travers, des bénévoles ont même été renvoyés chez eux, le temps que le soleil se fasse plus doux. Sur l’ensemble du week-end, les soirées n’ont pas permis de rattraper les après-midi où les gens sont restés chez eux. Les orages ont bien rafraîchi un peu l’atmosphère mais ils sont… mal tombés : « Les averses sont arrivées à des moments clés de la journée où les familles viennent généralement faire un tour sur la place de Longereuse. Avec l’orage, elles sont venues plus tard ou pas venues du tout », complète la foraine Christine Jeanneret. « Bon, on est quand même toujours content de venir à l’Abbaye », ajoute-t-elle avec le sourire. Pour rester dans le positif, la canicule a-t-elle au moins boosté la vente de boissons ? « On pensait que ça allait être le cas mais même pas », répond Patrick Jacot du club de basket de Fleurier. « Au lieu de commencer à bosser à 16 heures le samedi, on a commencé à 19 heures et ça se ressent forcément dans les chiffres. C’est notre moins bonne année en termes de bénéfice depuis le Covid », boucle Sven Renaud du CP Fleurier.
Pas un chat, pas une guêpe ni même une mouche
Bref, le cortège en matinée et la chaleur de l’après-midi ont mis à mal l’activité de l’ensemble des stands de cette édition. Mais tous soulignent néanmoins avoir ressenti cette ambiance si spéciale de l’Abbaye une fois que le soleil était couché et le monde « revenu à la vie ». Au Centre espagnol, on insiste sur l’ambiance bon enfant qui a régné tout en souhaitant que des leçons soient tirées pour le futur : « Si le cortège devait à nouveau être avancé, on aimerait bien que les choses soient mieux anticipées et que les contrôles des stands soient effectués le jour avant ou plus tôt dans la matinée », conclut Antonio Serra qui affirme non sans humour « qu’il n’y avait même pas une mouche ou une guêpe qui volait samedi après-midi, tant il faisait trop sec. » L’Abbaye sans un chat, ni même une guêpe et une mouche, il fallait l’inventer celle-là !
Kevin Vaucher























De gauche à droite : Christian Reber, Alexandre Iseppi, Yann Klauser, Sarah Fuchs-Rota, Eric Sivignon, Benoît Simon-Vermot. © Stéph Wenker