La Madi
Quand le Vallon impose son style, les flashs crépitent et les yeux frétillent de plaisir
Samedi 14 mars : certains ont dû se pincer plusieurs fois pour y croire devant la scène qui se déroulait à espaceVal ! Pourtant, c’est bien là que Jo Confection et l’atelier J. Santana ont emmené leurs 30 modèles pour un défilé de mode marqué par l’upcycling et par les machines Dubied sur lesquelles une partie des collections présentées ont été tricotées.
« Quel est ce podium qui entrave le passage dans le hall d’espaceVal ? », se sont assurément demandé les passants lors de la mise en place du défilé. Mais rapidement, ce podium en bois a laissé agir son pouvoir attractif sur le Val-de-Travers. Et à partir de 19 heures, lors de l’ouverture des portes au public, la foule s’est déplacée jusqu’à lui comme les abeilles regagnent massivement et instinctivement la ruche. On a vraiment eu l’impression que personne ne voulait manquer ce moment. Au total, ce sont 400 personnes qui se sont rassemblées pour découvrir la 3e collection de Johana Santana ainsi que les créations de Josette l’Eplattenier, représentant trois années de travail.
« Rassurez-vous, ce n’est pas moi qui vais défiler ce soir »
En plus de l’originalité de l’événement et la qualité du travail présenté, les organisateurs ont eu la main heureuse en associant la Maison de l’industrie (Madi) au concept. « Ce soir, on met un savoir-faire de plus de 120 ans à l’honneur », évoquait Daniel Huguenin-Dumittan en faisant référence à la Dubied. « Si on m’avait dit un jour que j’ouvrirais un défilé de mode, je ne l’aurais pas cru. Mais rassurez-vous, ce n’est pas moi qui vais défiler ce samedi soir », a-t-il rigolé en préambule. Mais en y réfléchissant de plus près, il y a une certaine logique : grâce à son implication, à travers la Madi, ce sont plus de 20 machines à tricoter qui ont retrouvé du service. Et Josette l’Eplattenier est l’une des couturières qui ont été formées pour travailler avec elles.
Des petits airs de plage de Biarritz (si, si…)
Voir défiler des modèles qui portaient des créations réalisées sur des machines Dubied avait donc aussi un sens historique certain : « Et vous savez quoi ? J’ai retrouvé une archive qui montre que Dubied a déjà organisé des défilés de mode mais c’était… sur la plage de Biarritz. » De quoi bien faire rire l’assemblée qui avait bravé le froid pour rejoindre espaceVal. Au programme, pas moins de trois défilés avec des mannequins de tous âges. Il y avait les créations de Jo Confection mais aussi celles de Johana Santana. Quelques jours plus tôt, c’est à la fashion week de Zurich que la jeune Vallonnière avait présenté sa 3e collection, travaillée avec la méthode du crochet.
Le rideau noir s’ouvre, l’émerveillement s’éveille
Durant les défilés, nombreuses ont été les réactions émerveillées lorsque certains modèles jaillissaient du rideau noir pour monter sur le podium. Le regard se faisait plus attendri pour accompagner la déambulation des plus jeunes. Dans le public, les réactions étaient parfois froides de réalisme : « C’est magnifique mais tu me vois là-dedans, j’aurais l’air d’un vieux sac de patates », glissait une dame à son mari. Mais non, la beauté est subjective dit-on !
Ce qui a été beau, c’est aussi de voir la « petite entreprise familiale » de J. Santana à l’œuvre, tant sur scène qu’en coulisses. Aussi, la
complicité affichée par Josette et Johana a ému le public qui a ainsi appris que la première avait endossé le rôle de mentor pour la seconde dès le début de sa formation. Un bel accomplissement qui en appelle d’autres : la 4e collection de Johana a été annoncée en fin de défilé dans l’enthousiasme général. « Il va falloir ajouter quelques mètres à la scène pour accueillir le nombreux public », s’est amusée une spectatrice dans cette soirée qui a décidément donné le sourire au plus grand nombre.
Kevin Vaucher






Dans la chambre d’une ado, les élèves suivent, en compagnie d’une des intervenantes, le déroulement d’une conversation, message par message, entre elle et un garçon. Débutée sur le ton du flirt, celle-ci va progressivement dévier vers le harcèlement. 

De gauche à droite : Frédéric Mairy, conseiller d’État, Solange Platz Erard, conseillère communale de Milvignes, Sarah Fuchs-Rota, conseillère communale de Val-de-Travers et Hassan Assumani, conseiller communal de La Grande Béroche, lors de la remise du label

