Val-de-Travers réfléchit à un plan canicule pour nos aînés
La régionalisation plus fréquente des fortes chaleurs constitue un défi pour l’ensemble de la société. Comment rester au frais chez soi ? Comment continuer à travailler sans trop en souffrir ? Comment adapter nos habitudes – notamment sportives – à cette nouvelle réalité estivale ? En bref, comment permettre à notre corps d’y faire face en évitant de se mettre en danger ? Cette dernière question se pose notamment à l’échelle des communes qui cherchent actuellement des solutions pour préserver une population particulièrement à risque : celle des + de 75 ans.
La mise en place récente d’une commission des seniors par la Commune de Val-de-Travers montre qu’une attention particulière est apportée à nos aînés dans la région. Au niveau cantonal, le plan « anti-chaleur » prévoit par exemple des prises de contacts régulières avec les personnes de plus de 75 ans (préalablement inscrites sur une liste) en cas de fortes chaleurs. Le cas des seniors isolés constitue le cœur de cible de cette action.
Le rôle clef des entreprises de soins à domicile
Dans cette lutte, les entreprises de soins à domicile jouent un rôle capital : « Notre mission dépasse largement celle des soins. Nous remplissons une fonction sociale importante tout comme une fonction de vigilance. En cas de chaleurs élevées, nous augmentons le nombre de passages auprès de nos patients les plus fragiles. Comme la sensation de soif disparaît généralement avec l’âge, nous veillons aussi à ce qu’ils boivent un grand verre d’eau avant de repartir », précise une responsable active au Vallon. Malgré l’efficacité de ce « filet de sécurité », il reste des personnes âgées isolées, non prises en charge par les soins à domicile ou leur famille. Que faire dans pareil cas ?
Un plan canicule oui… mais avec quel personnel ?
La Commune de Val-de-Travers se pose exactement la même question actuellement et planche sur la mise en place d’un plan canicule. L’un des défis les plus importants pour sa réussite consiste à avoir des effectifs suffisants pour le faire. Or, les petites communes n’ont pas autant de ressources que les grandes villes, notamment lors des périodes de vacances où les effectifs sont réduits. D’après nos informations, la solution pourrait venir d’un « registre solidaire » de bénévoles qui viendrait épauler le personnel communal lors des épisodes de canicule. Dès un degré d’alerte orange, ils auraient la tâche d’appeler quotidiennement les personnes âgées vulnérables ou isolées inscrites par leurs soins ou par leurs proches sur une liste de contacts volontaires.
Et après ? Les aînés ne sont pas les seuls vulnérables !
En cas d’absence de réponse ou d’état jugé préoccupant, une visite serait alors organisée à domicile.
Et là se pose une nouvelle fois la question du personnel : qui pour se rendre sur place ? Des bénévoles formés aux soins ou via des partenariats avec des entreprises de soins à domicile ? Rien n’est défini et toutes les pistes sont explorées. On le voit : le chantier est vaste ! D’autant plus que les populations à risque ne se limitent pas aux aînés. Des plans nouveaux et spécifiques à la chaleur se mettent en place un peu partout dans le pays, comme à Genève où le travail en extérieur est banni dès 13 heures lors des journées caniculaires. Bref, quand le temps change, c’est l’entier du monde qui évolue !
Kevin Vaucher


Saana, Stéphanie et Kelly
Au milieu des pensionnaires félins, Céline Roulin (à d.), présidente de la SPA Val-de-Travers et de Chatdicap avec Corinne, bénévole de l’association et Abdul, jeune requérant d’asile du centre de Couvet qui aide régulièrement à Noiraigue afin d’apprendre le français.
