Première en Suisse
Une étudiante infirmière finlandaise au chevet des patients vallonniers
Depuis longtemps, la HES permet aux étudiants de 2e année d’effectuer un stage à l’étranger. Or, dans notre canton, aucune institution de soins n’accepte des étudiants ne parlant pas français. Du moins jusqu’à cette année. En effet, une entreprise neuchâteloise de soins à domicile a accepté de relever le défi et d’ouvrir la voie avec cette grande première en Suisse : l’accueil d’une étudiante infirmière finlandaise lors d’un stage de 14 semaines. Au contact des patients jusqu’au 24 mai 2026, Saana évoque ce dépaysement professionnel et culturel juste avant de reprendre l’avion.
Saana a 21 ans et est originaire de Laponie. Elle vit aujourd’hui à Helsinki et est en formation pour devenir infirmière. « J’ai choisi ce métier parce que j’aime aider les gens et voir les résultats concrets de mon travail. Je suis la première étudiante de mon école à effectuer un stage ici donc je n’avais pas beaucoup d’informations à l’avance. Je suis arrivée au Val-de-Travers le 10 février. J’ai reçu une bourse de la Suisse ainsi qu’une aide étudiante en Finlande. »
Cette belle aventure, pionnière en son genre, a débuté à la Metropolia University of Applied Sciences finlandaise. C’est depuis là que Saana a sollicité un stage en Suisse et est entrée en contact avec la HE-Arc Santé. Problème : toutes les institutions de soins du canton ont refusé en anticipant les difficultés d’encadrement en lien avec la langue (Saana ne parle pas le français). Mais une lueur ne tarde pas à arriver depuis… le Val-de-Travers : « Connaissant mon sens des défis, le directeur adjoint de la HE-Arc Santé – M. Guinchard – m’a proposé de l’accueillir en tant que responsable de la formation et la direction des Soins à domicile de la Côte a accepté. Nous avons beaucoup de chance que notre directeur Florian Sutter et notre directrice des soins Anaïs Barthélémy soient très ouverts et qu’ils aient immédiatement adhéré au projet », précise Stéphanie Russo.
Pour elle, en février, il faisait… trop chaud ici !
L’un des centres de l’entreprise, basé à Fleurier, s’est donc gentiment préparé à accueillir Saana. Après un premier contact par visioconférence, l’étudiante finlandaise a débarqué en plein hiver, au mois de février. Et pour elle, il faisait… trop chaud : « Chez moi, la température peut descendre jusqu’à -25 en hiver et j’aime ce climat. J’ai trouvé qu’il faisait parfois chaud par ici et c’était difficile pour moi. Par contre, nous n’avons pas les montagnes en Finlande et les paysages du Val-de-Travers m’ont beaucoup impressionnée. » Ici, Saana a parlé en anglais, tout en apprenant les bases du français. Lorsqu’elle se rendait chez les patients, elle devait être accompagnée en raison de la barrière de la langue.
Un panel de compétences supérieur par rapport à la Finlande
« Communiquer avec les patients a parfois été difficile mais je ne regrette aucunement d’être venue ici. J’ai notamment pu développer des compétences cliniques plus poussées qu’en Finlande et des compétences en auscultation, ce qui est réservé uniquement aux médecins chez nous. » Elle pointe aussi le rôle social du métier en Suisse : « Les infirmières de soins à domicile ont beaucoup de responsabilités et elles ont plus de temps pour faire les soins et discuter avec les patients. » Responsable du centre du Val-de-Travers depuis bientôt 2 ans, Kelly Lebet met un point d’honneur à faire respecter une prise en charge professionnelle, humaine et pointue : « Tous nos soignants sont maintenant formés à l’examen clinique, ce qui permet un suivi plus spécifique de patients aux pathologies complexes. Cela apporte des compétences et des connaissances plus approfondies pour toute notre équipe. »
Les Finlandais travaillent moins que les Suisses
Si Saana a découvert un autre système de santé et de nouvelles pratiques, le centre de soins à domicile en a-t-il profité pour chiper quelque chose de la « méthode finlandaise » ? L’étudiante indique que les Finlandais travaillent 38 h 15 en moyenne, pauses incluses, est-ce que cela vous inspire, par exemple, Kelly Lebet ? Elle rigole. « Aucune revendication en ce sens nous est parvenue. J’en tire la conclusion que nos employés sont tous très investis dans leur mission d’aide à la personne », rétorque-t-elle tout en sourire. La voie étant désormais ouverte, les Soins à domicile de la Côte accueilleront un nouvel étudiant finlandais en août et pourraient collaborer avec d’autres pays dont l’Espagne et le Portugal.
Kevin Vaucher


De gauche à droite : John Amos (Unia comité des retraités), Jean-Michel Erard (Être grands-parents aujourd’hui), Claude-Alain Kleiner (Avivo), Michèle Berger-Wildhaber (anc. conseillère aux États) et Renaud Tripet (Fédération NE des retraités)
Fabien Chapatte, agent général et Eric Sivignon, conseillé communal de Val-de-Travers

Aleix Toda Mas. @MYVISUAL