La Montagne de Buttes «valorisée»… Vraiment?
Verrivent SA, la filiale des Services industriels de Genève et de Groupe E, nous l’assure avec le sérieux solennel d’un promoteur éolien sûr de lui : la Montagne de Buttes peut enfin être défigurée en toute sérénité. Le Tribunal fédéral a donné son feu vert procédural — quelle chance ! On aurait presque envie d’applaudir, si le patrimoine paysager du Val-de-Travers n’était pas la prochaine victime de cette victoire « déterminante ».
Dix-neuf éoliennes géantes, dont on n’ose même pas nommer le modèle — apparemment, le mystère fait partie du charme — viendront bientôt couronner nos crêtes, façon alignement industriel commémorant la disparition du paysage. Mais rassurons-nous : tout cela « valorise les ressources naturelles », comme si bétonner la montagne et y planter des mâts de 180 mètres avait quelque chose de naturel. Tout est dit dans ce « valorise » : derrière la « novlangue » verte, c’est surtout une affaire d’argent — et de subventions, car en fin de compte, c’est nous qui payons la facture de cette destruction de notre cadre de vie.
Quant au « respect des populations concernées », on le devine à l’enthousiasme des habitants : silencieux, comme un paysage qu’on s’apprête à faire taire.
Denyse Hay, Couvet


Derrière : Lana Paolo, Amélie Schär, Tiago Roque, Estelle Calame, Ryan Mathez. Devant : Nolan Pêcheur et Morgane Monroy Paredes. 
Derrière : Lana Paolo, Amélie Schär, Tiago Roque, Estelle Calame, Ryan Mathez. Devant : Nolan Pêcheur et Morgane Monroy Paredes.