Culture
La vie « en hibernation » du Musée Rousseau
Depuis l’automne dernier, le Musée Rousseau de Môtiers est fermé, le temps de la rénovation du bâtiment dans lequel il a ses locaux. Néanmoins, en ce début d’été, il y a quelques actualités à son sujet.
Au mois de novembre 2025, les collections et le mobilier du Musée Rousseau de Môtiers (MRM) partaient en hibernation à espaceVal et dans des salles d’entreposage prêtées par la Commune de Val-de-Travers, pour permettre la rénovation du bâtiment par son propriétaire, l’Établissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP). Une fermeture qui intervenait après une belle saison 2025 avec 30% de visiteurs, comme nous l’indiquait, il y a 9 mois, sa conservatrice Noémi Duperron. Toutefois, alors que les travaux se poursuivent, certains changements et actualités sont à relever dans la vie du musée associatif. La première concerne sa direction, si sa conservatrice, nommée en 2024, demeure en place, son adjoint, Nicolas Fiquet, n’a pas renouvelé son mandat.
Son remplaçant a été élu, il y a un mois et demi. Il s’agit de Loïc Beck, trente ans, historien de l’art médiéval avec un bachelor en philosophie et actif dans les milieux culturels associatifs. Si le nouveau conservateur-adjoint admet un temps de réflexion, la possibilité de contribuer à mettre en avant l’histoire locale et régionale fut « très stimulante » et l’a motivée. « Le fait de pouvoir participer à repenser la muséologie et la présentation des collections, les lieux étant en rénovation, est aussi attrayant », reconnaît-il. Pour Noémi Duperron, conservatrice du MRM, cette nouvelle collaboration conserve une complémentarité, entre un adjoint proche des partenaires et acteurs régionaux et ses fonctions « quelques peu plus administratives ».
Pièces à Champ-du-Moulin
Durant cette « pause » de plusieurs mois, certaines pièces des collections du MRM n’hibernent pas. En effet, une possibilité a été trouvée avec l’association de la Maison de la nature neuchâteloise et son espace d’exposition, la Noctule, à Champ-du-Moulin, pour y exposer certaines œuvres. « Le lieu est presque tout trouvé », avoue Loïc Beck. « La Maison d’à côté a accueilli Jean-Jacques Rousseau lors d’un court séjour en 1964 ». Par téléphone, Noémi Duperron souligne que son précédent adjoint, Nicolas Fiquet, avait noué des liens avec les responsables de l’association qui ont rendu possible cette collaboration. « Ce sont eux qui nous ont proposé cet espace d’exposition et qui se sont chargés du transfert des pièces et du mobilier de présentation », précise la conservatrice, reconnaissante envers la Maison de la nature. « Et il y a ce clin d’œil d’être à côté d’une autre ‹ Maison Rousseau › », ajoute Noémi Duperron.
Les pièces présentées dans cette petite exposition s’attellent aux liens du philosophe né à Genève avec l’eau et bien sûr celles de l’Areuse ou « la Reuse », comme il l’orthographiait. « L’eau revêt trois aspects chez Rousseau : la vie quotidienne, une expression de la force de la nature, très romantique, et comme un miroir de l’âme, ce qui est aussi très romantique », détaille le conservateur-adjoint. Les gravures choisies et les citations du philosophe, qui a vécu à Môtiers de 1762 à 1765, démontrent parfaitement ces trois registres de pensées.
Événement en lien avec Art Môtiers
Autre événement estival qui concernera le MRM, une rencontre ouverte et libre autour de Rousseau et de ses œuvres, coorganisée avec la Maison Rousseau et littérature de Genève et Art Môtiers, le 26 juillet prochain. Car comme, à chaque édition, la présence de Jean-Jacques Rousseau à Môtiers a inspiré les artistes. La conservatrice du MRM relève que l’artiste en question, Jan Van Oordt, avait, en premier lieu approché l’entité genevoise, qui lui a signifiée l’existence du MRM. « Plus on est, plus on rit », plaisante Noémi Duperron, en expliquant que l’œuvre concernée possède plusieurs strates d’interprétations liées à Rousseau et que l’artiste souhaitait que celles-ci soient mises en valeur auprès d’un public, peut-être un peu profane. Néanmoins, l’événement à l’œuvre n°19 n’aura rien de la conférence, mais plus d’un dialogue, Rousseauistes ou visiteurs échangeant sur ce que leur inspire l’œuvre.
Cette visibilité durant ce temps de fermeture est agréable pour la conservatrice, notamment car il s’agit de celle d’un petit musée associatif. « Cela, certes, permet de faire vivre le musée durant la fermeture, mais surtout de permettre à notre musée d’être l’interface, le lien entre l’association Jean-Jacques Rousseau, composée d’experts, et le public », complète Loïc Beck au sujet de cette rencontre prévue à Art Môtiers. « Également, la signalisation de la promenade Rousseau a été remise en avant », note Noémi Duperron, et ce, même si beaucoup des galets sont patinés par le temps. Une promenade qui suit en partie les parcours d’Art Môtiers. Et, il semblerait que le MRM soit en discussion pour un autre événement en partenariat avec la manifestation artistique. Affaire à suivre.
Dernière actualité : toutes les pièces des collections du MRM sont désormais visibles en ligne via le site internet de l’institution remis au goût du jour. Une première rénovation numérique avant celle physique.
Gabriel Risold



La présidente de la Fondation présente Konstantina
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