Ingratitude avec le monde paysan. Ici aussi ?
Le monde, et plus particulièrement le monde paysan, est actuellement déchiré au sujet de l’accord du Mercosur. Merco… quoi ? Le Mercosur est un traité de libre-échange négocié depuis plus d’un quart de siècle entre l’UE et les pays du « Mercado Comun del Sur », ou « Marché commun du Sud » réunissant le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay et la Bolivie. L’occasion est belle d’expliquer le lien étroit qui lie l’agriculture à nos terres.
L’histoire de la société d’agriculture du Val-de-Travers a été retracée dans un livre imprimé en 1985 à l’Imprimerie Montandon. Dans ce cahier d’une petite trentaine de pages, Jacques-André Steudler dresse l’histoire de cette agriculture à partir de ses précurseurs. Non, le premier homme sur terre n’était pas un paysan, relate-t-il. Mais Noé, « le deuxième père de l’humanité », n’a pas seulement préservé les animaux grâce à son arche, il a aussi été le premier humain à avoir tenté un semis. Un geste qui a bien failli lui coûter la lapidation parce que faire « pourrir des graines sauvages, offertes par une nature généreuse, est un geste de dément », disait-on.
L’an 1000 : les terres défrichées par les moines du prieuré de Môtiers
En Suisse et en Europe centrale, il a fallu encore quelques millénaires avant que les chasseurs-cueilleurs passent la main à un nouveau mode de vie : l’agriculture ! Cela remonte à 6000 ans. Le sol appartient alors à celui qui le travaille. Sans machines ni même de charrues, les laboureurs du Néolithique ont dû faire chauffer les muscles et y aller à gros coups de défrichage. Petit à petit, ceux qui possédaient les terres ont fait travailler ceux qui n’en possédaient pas. C’était le temps des « esclaves des champs ». Avoir des terres était un symbole de puissance, d’où les luttes constantes de territoires en ce temps-là. Au Val-de-Travers, les terrains étaient défrichés par les moines du prieuré Saint-Pierre de Môtiers aux alentours de l’an 1000.
Cotisation annuelle des paysans : 3 francs !
Sitôt défrichées, ces terres représentaient une grande tentation pour les seigneurs voisins et une bataille d’influence sans pitié a opposé ceux de Neuchâtel et ceux de Joux. Plus tard, la nécessité de fonder une Société d’agriculture du Val-de-Travers est affichée dans le Courrier du Val-de-Travers hebdo où un avis donne rendez-vous aux intéressés le 14 décembre 1884 aux Six-Communes. Sept localités du district sont représentées (manquent Noiraigue, Les Verrières, Les Bayards et Buttes) et les statuts sont définitivement adoptés le 1er février 1885. L’un des buts est de bénéficier des allocations de l’État. Quelques mois plus tard, le succès est au rendez-vous, 500 paysans ont déclaré leur adhésion et paient une cotisation annuelle de… 3 francs.
Un métier marqué par les guerres et les évolutions
Au fil du temps, les évolutions du métier ont parfois fait débat. En 1895, ce sont les nouveaux fils barbelés qui sont au centre des critiques (trop dangereux). Deux ans plus tard, l’achat de céréales et d’engrais chimiques crée un enthousiasme unanime auprès des membres. Pendant la Première Guerre mondiale, le ravitaillement est difficile, notamment en paille, engrais et tourteaux. Il s’ensuit néanmoins un boom économique. En 1925, la Commission d’achats indique que 232.000 kilos de marchandises ont été vendus pour un montant avoisinant les 65’000 francs. Plus tard encore, la société deviendra l’Office commercial du Vallon. Une série de décisions et d’investissements (moulin, congélateur collectif, centre de conditionnement des céréales,…) va faire bondir le chiffre d’affaires année après année : le million est atteint en 1967, doublé en 1975, triplé en 1980 avant de s’établir à plus de 4 millions en 1984. Malgré les vents parfois contraires, le travail et les valeurs paysannes ont toujours su triompher jusqu’à aujourd’hui.
Kevin Vaucher





Derrière : Lana Paolo, Amélie Schär, Tiago Roque, Estelle Calame, Ryan Mathez. Devant : Nolan Pêcheur et Morgane Monroy Paredes. 

Le puck échappe au portier de Young Sprinters, le Fleurisan Alan Pulzer est le plus prompt à réagir. C’est l’action de l’ouverture du score à la 7e minute.